C'est un objectif ambitieux que s'est fixée la société toulousaine leader dans les services par satellites, en juin dernier : doubler son chiffre d'affaires d'ici 2016 pour atteindre 120 millions d'euros. « Nous voulons disséminer les technologies spatiales vers tous les utilisateurs dans le monde en accélérant le développement de services et produits sur les trois prochaines années », martèle Laurent Husson, directeur communication et marketing de Telespazio France. Une stratégie de conquête qui se déploie à travers le centre de surveillance de l'environnement EarthLab, programme de R&D sur des produits et services de géo-information à valeur ajoutée. Le premier EarthLab, focalisé sur des services pour la surveillance des forêts des Landes et du vignoble bordelais, a été inauguré en octobre dernier sur Aerocampus Aquitaine à Latresne. EarthLab Océan, un second centre de recherche, va être installé sur la côte basque. Mais c'est surtout un réseau de quatre EarthLab qui va être créé en 2014 en Asie, Amérique du sud, Afrique et Europe du nord. Sur des problématiques propres à chaque région : l'eau en Asie, la cartographie en Afrique, la forêt et l'agriculture en Amérique du sud, la sécurité en Europe du nord... A la filiale de Thalès et Finmeccanica de convaincre les gouvernements et de potentiels partenaires industriels privés locaux.
Le continent africain ouvre le bal
Un premier accord a été conclu le 6 décembre 2013 à Paris sur la création d'un EarthLab Gabon. Ce partenariat stratégique a été signé par Telespazio France, l'Agence Gabonaise d'Etudes et d'Observations Spatiales (AGEOS) et le Fonds Gabonais d'Investissements Stratégiques (FGIS), en marge du sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique. Ce centre de surveillance de l'environnement, prochainement installé à Libreville, oeuvrera dans le cadre du programme EarthLab mais collaborera également avec AGEOS pour diffuser en Afrique subsaharienne les savoir-faire liés aux technologies satellitaires. Telespazio France, de son côté, consacre le début de l'année 2014 aux négociations avec trois autres régions dans le monde - dans lesquelles le groupe Telespazio et ses 2.500 salariés ne sont d'ailleurs pas forcément présents. « Chaque pôle EarthLab débutera avec une dizaine de chercheurs et ingénieurs en provenance du monde du spatial ou de celui des utilisateurs », détaille Laurent Husson. Les premiers services de cette future galaxie EarthLab devraient être opérationnels dès le premier semestre 2014, à Bordeaux.
Le marché lucratif du second écran
Si les appétits de Telespazio France s'aiguisent face au juteux marché de la géo-information, l'entreprise compte également faire grimper en flèche son chiffre d'affaires dans les télécommunications. La cible ? Le marché du second écran, en plein essor. « Aux Etats-Unis, plus de 47% des téléspectateurs regardent en même temps sur leur tablette ou leur smartphone des informations sur le même thème que leur programme télévisé », explique Laurent Husson. Forte de son expérience en diffusion télévisée, l'entreprise toulousaine veut inventer des produits pour ce marché. Le pôle logiciel, une cinquantaine de salariés issus du rachat de Vega Technologies, a été renforcé pour accentuer cette nouvelle mission : transformer les données spatiales en services visualisables en deux, trois dimensions, sur portable ou tablette. La société espère vendre ces nouveaux produits aux chaînes de télévision au cours du premier semestre 2014, avec en ligne de mire la coupe du monde de football en juin prochain au Brésil.
TELESPAZIO France
(Toulouse) P-dg : Jean-Marc Gardin 355 salariés Sites : Toulouse, Bordeaux, Paris, Kourou CA 2013 : moins de 60 millions d'euros 05 34 35 65 75 www.telespazio.com