5novembre 2008. TLT, créée vingtans plus tôt, se présente au tribunal de commerce de Toulousepour y déposer le bilan. Un coup dur pour la soixantaine de salariés, intermittents et pigistes, comme pour le Dg Franck Demay, nommé trois semaines auparavant. Tous étaient bien sûr conscients des difficultés économiques de la chaîne mais de là à imaginer une telle issue... Commence alors une procédure judiciaire que la rumeur va très vite transformer en feuilleton médiatique. La liquidation est d'abord évitée de justesse «grâce au soutien indéfectible de la Ville de Toulouse, l'un des six actionnaires de l'époque», précise Franck Demay. Placée en redressement judiciaire le 18 novembre (jusqu'au 7 juillet suivant), TLT doit se choisir un nouveau modèle économique pour remonter la pente: ce sera celui d'une télé recentrée sur un coeur de métier restreint, où la majeure partie des programmes diffusés est achetée à des sociétés de production. Le conseil d'administration avalise une feuille de route prévoyant 2,5M€ de budget de fonctionnement annuel (contre 3,8 auparavant) et l'ouverture d'un PSE en février 2009 qui, additionné à des départs volontaires, va amputer de moitié les équipes de TLT.
Réinvestir pour avancer
Autre volet de la restructuration: la recapitalisation de la société, actée en juin. Tandis que Lagardère- actionnaire à hauteur de 20%- sort du capital, le Stade toulousain et le TFC y font leur entrée. À l'automne, TLT fait appel à son banquier, avec l'accord de ses actionnaires, pour financer le réaménagement de ses locaux et divers investissements techniques (300.000€ au total) prévus dans sa feuille de route. En parallèle, elle refond moitié de sa grille de programmes et y introduit une nouvelle case, chère à son directeur général. «Cette année, une vingtaine de documentaires sera co-réalisée avec des producteurs locaux, souligne Franck Demay. C'est essentiel quand on revendique un statut de télé locale, proche de ses téléspectateurs.» Il est un dernier aspect que la réorganisation prévoyait, visiblement plus long à mettre en place: l'externalisation de la régie commerciale. Elle est en passe d'être finalisée, avec le choix d'O2 Pub (groupe La Dépêche, actionnaire de TLT à 20%) qui a été fait en ce début d'année. Reste à savoir quand la chaîne atteindra l'équilibre économique. Franck Demay veut croire que «cela est jouable à moyen terme, avec le soutien réitéré des actionnaires, un équilibre public-privé et un budget raisonnable.»
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Dernier acte de la restructuration initiée au printemps 2009, l'externalisation de la régie commerciale de TLT est en marche depuis ce début d'année. Toutes les conditions sont-elles désormais réunies pour que la télé locale atteigne l'équilibre économique?