Désormais propriétaire de 180 m² au Celtic Submarine, François Girard a été le premier à s'engager lors du lancement du projet de ce village d'entreprises. Un investissement de 200 000 euros. «Depuis cinq ans, nous étions constamment à Lorient car nous réalisons 70% de notre chiffre d'affaires avec la course au large», explique François Girard. La Solitaire du Figaro emploie à elle seule trois personnes à temps plein chez Teem.
Débuts avec Marc Thiercelin
Après avoir vécu plusieurs vies, François Girard avait créé Teem Électronique dans les Côtes d'Armor en 2001. Son terrain de jeu? L'électricité et l'électronique marine, de l'alternateur à la communication satellitaire en passant par le groupe électrogène. «80% des pannes sur un bateau sont connectiques. Nous travaillons toujours en binôme, j'envoie rarement quelqu'un tout seul sur un bateau», signale l'entrepreneur, gérant majoritaire à 51%. À 57 ans, celui qui décida de se mettre à son compte lors du Vendée Globe 2000, après avoir travaillé pour le skipper Marc Thiercelin, accorde une grande importance à la transmission du savoir. «Après quatre ans de balbutiements, je me suis aperçu que la meilleure méthode était encore de prendre des jeunes motivés», explique François Girard. «Je suis convaincu des vertus de l'alternance. La preuve: après un CAP, un Bac Pro et un BTS, un de mes techniciens est totalement autonome et est devenu à son tour tuteur. Le savoir-faire, on l'assimile dans un esprit de compagnonnage, il faut être passionné, travailleur, manuel. En France, on perd la valeur ajoutée car on n'arrive pas à fidéliser les salariés. Les sociétés d'intérim font la loi et les chasseurs de profil vident les entreprises.»
Du devis à la réalisation
Grâce à son savoir-faire pointu, Teem Électronique intervient à la demande pour l'équipement sur mesure d'un bateau. Du devis à la réalisation en passant par les plans. Sans oublier le "service après-vente" que constitue la formation. La fourchette budgétaire est large. Une électronique correcte est accessible à partir de 10.000euros pour un mini-voilier de 6,50 mètres. Mais pour un monocoque de 70 pieds à troismillions d'euros, la facture de Teem Électronique est plus proche des 350.000euros.
Bien gérer son stock
«Dans notre métier, nous avons besoin d'un bon fonds de roulement», explique François Girard. Il s'agit aussi de bien gérer son stock de matériel. «Il y a des délocalisations partout, tout le monde travaille à flux tendus, on trouve de plus en plus difficilement du stock. Les financiers aimeraient bien qu'on stocke tout.» Déterminé à défendre ses projets, l'entrepreneur est à deux doigts d'adopter un discours provocateur: «Je n'ai pas besoin d'investisseurs, de gens qui viennent prendre des parts, vampiriser une entreprise. Je suis anti-bourse, car c'est totalement l'inverse du travail. N'oublions jamais que derrière chaque billet de 20euros, il y a quelques gouttes de sueur. Or celui qui en possède 10.000, ce n'est pas lui qui a sué. Mais je ne suis pas communiste pour autant...», précise-t-il.
De Pordic à Lorient, Teem Électronique, orfèvre de l'électronique pour la course au large, est l'un des pionniers du Celtic Submarine.