Les matériaux composites, futur fleuron de l'industrie nantaise? L'avenir le dira, mais toujours est-il que la métropole vient de se doter d'un formidable outil pour y parvenir, en inaugurant en septembre le Technocampus. Bordant l'usine Airbus de Nantes, les 19.000m² de ce centre de recherche technologique dédié aux matériaux composites ont nécessité près de 80M€ d'investissements, aussi bien publics (40M€ dont 12M€ injectés par le conseil régional qui assure la maîtrise d'ouvrage) que privés (EADS, Airbus, Cétim).
Taillé pour Airbus
La plate-forme, qui regroupe industriels, laboratoires et écoles, est taillée sur mesure pour Airbus. Elle a pesé lourd pour conforter l'usine de Nantes et en faire l'un des trois pôles spécialisés dans les composites du groupe en Europe, les deux autres étant situés en Espagne et en Allemagne. Un enjeu crucial pour la région à l'époque où Airbus remettait à plat toute son organisation industrielle et où l'aéronautique traverse une révolution culturelle. Plus légers, et permettant donc aux avions de consommer moins de carburant, les composites tendent en effet à supplanter le métal dans la construction des appareils. C'est «une technologie phare», qui représente «30% de la masse structurale de l'A380 et 50% de l'A350», explique Jean Botti, directeur de la technologie d'EADS. Reste à concevoir et réaliser les pièces, les procédés de production et les outillages pour construire les avions de demain. Pour cela, les premières équipes de recherche d'EADS IW, d'Airbus (50 personnes) et du Cétim (20 collaborateurs) se sont installées il y a plusieurs mois. Les écoles leur emboîtent actuellement le pas. À l'instar de l'école des Mines, de Polytech, de l'Icam et de Centrale. Cette dernière vient d'inaugurer une chaire dotée d'un million d'euros sur quatre ans, financée par la Fondation EADS, et portant sur la modélisation des procédés de fabrication des structures composites.
300 chercheurs à terme
D'autres suivront en février: le groupe Daher qui planchera notamment sur un caisson central de voilure; le pôle de compétitivité EMC2; le groupe nantais Europe Technologies; NDT Expert, un GIE entre EADS et Bureau Véritas. Spécialisé dans le contrôle non destructif pour l'aéronautique, ce dernier transférera en début d'année ses 13 collaborateurs hébergés depuis deux ans au sein de l'usine Airbus. «Entre le composite et le métallique, la mise en oeuvre des techniques de contrôle et la nature des informations à traiter sont très différentes. Il s'agit d'un véritable changement culturel et pour passer ce cap, le Technocampus prend tout son sens», indique Marc-Eric de Chavanne, responsable régional de NDT Expert. À sa vitesse de croisière, le centre de recherche devrait compter jusqu'à 300 personnes. Issues de l'aéronautique, mais pas uniquement, le Technocampus ayant aussi vocation à se tourner vers la navale, la plaisance ou l'automobile.
Le centre de recherche Technocampus vient d'être inauguré. Un investissement de 80M€ qui doit ancrer dans la région une filière autour des matériaux composites.