«C'est la chronique d'une mort annoncée, celle de la gestion de la décroissance de l'électronique grand public.» Ils sont nombreux, acteurs publics, industriels et observateurs économiques, à partager l'avis d'Olivier Jeanneau, délégué général de l'UIMM dans les Pays de la Loire, au sujet de Technicolor (ex-Thomson) à Angers. L'ancienne usine du fabricant de téléviseurs est en sursis. L'industriel l'a annoncé: «la signature d'un partenariat avec un tiers début 2012 sera essentielle pour assurer la continuité de l'activité de cette usine.» Oneida, un cabinet spécialisé, a été mandaté. Aux dernières nouvelles, il n'y aurait aucun candidat...
8millions de pertes
Plus globalement, la branche "connectée" de Technicolor serait-elle en vente? Les comptes 2011 font état d'un résultat d'exploitation déficitaire de 47M€ dont 8M€ à Angers. La question de la cession est réelle puisque le groupe se recentre sur le cinéma comme l'atteste le récent rachat de Quinta industries, société de post production. Fabricante de décodeurs de télévisions, pour Bouygues et pour des opérateurs espagnols ou israéliens, l'unité angevine a récemment perdu la fabrication de la future Livebox Orange de France Telecom et plusieurs productions arrivent en fin de vie. «C'est un centre de coûts qui ne sera jamais rentable. C'est son histoire qui l'a sauvé. Il n'y a jamais eu de vraie réflexion sur ce site», pense Michel Bouyer, secrétaire général métaux à la CFDT du Maine-et-Loire. Quel repreneur pourrait s'intéresser à une usine, dont la moyenne d'âge atteint les 52 ans pour 26 ans d'ancienneté, avec un plan de charges d'environ 60%? L'avenir est sombre pour les 350 salariés qui n'occupent plus que 10.000m² des 130.000m² de locaux. «On n'acceptera pas de financer la fermeture ou un plan social par l'acquisition des terrains, précise Daniel Loiseau, le vice-président d'Angers Loire Métropole. On a un droit de préemption sur les 13 hectares mais on interviendra que s'ils ont un projet local industriel. Il faut que Technicolor assume.» Le premier semestre pourrait donc mettre fin à 50 ans d'histoire de l'ex-site de Thomson qui a employé jusqu'à 3.500 personnes. «Tant que la fin du match n'est pas sifflée, on n'a pas perdu, affirme Michel Boyer en fan de football qu'il est. Les six mois qui arrivent sont décisifs. On doit mettre l'entreprise, les collectivités publiques et les industriels locaux devant leurs responsabilités afin que chacun des salariés ait un avenir.» Il faut faire vite: on est déjà dans le temps additionnel.
Électronique Le site angevin de Technicolor a enregistré 8M€ de pertes en 2011. Sans partenaire, les portes pourraient fermer avant l'été. Le temps presse.