S'il n'y a qu'une centaine de comptoirs de thé en France, les maisons de thé se font encore plus rares. «On n'en dénombre que sept, dont six à Paris et la nôtre», s'amuse Stephan Masquelin, à la tête de Tea&Cie avec son épouse Laurence, à Grand-Champ. Avec «une activité qui a cru de 50% par rapport à 2009», force est de constater que les recettes aromatisées concoctées par le couple «sont de plus en plus plébiscitées par un public de plus en plus largequi a compris que nous faisons un thé de qualité à 55€/kg quand les supermarchés commercialisent un goût galvaudé à 90€/kg». Le dernier vecteur communicationnel dégainé par Tea&Cie entend asseoir cette tendance. «Nous avons mis en ligne un carnet de voyage de 53pages qui relate le séjour que j'ai effectué il y a un an sur les routes du thé en Chine Sudavec onzemembresde l'association franco-chinoise du Morbihan», précise Stephan Masquelin. «Nous ne faisons pas du commercial puisque le carnet est accessible gratuitement sur simple demande. Nous désirons faire découvrir le riche patrimoine culturel derrière le plaisir des sens.»
«Hors des sentiers battus»
L'outil n'a pas échappé à la CCI morbihannaise qui a ?sommé? les entrepreneurs, pour l'originalité de leur concept, de participer aux premiers trophées de l'innovation commerciale, organisés en juin dernier. Depuis qu'ils ont créé la société en 2003, le couple revendique une démarche «hors des sentiers battus». «D'un premier ?laboratoire? de passionnés que nous avons mis sur pied dans le Finistère à nos débuts, nous développons aujourd'hui nos quelque 250références de thé et accessoires liés sur plusieurs canaux de distribution», souligne Stephan Masquelin. «En plus des ventes issues de notre site web et de notre ?magasin d'usine?, nous disposons d'un réseau de vente avec une cinquantaine d'épiceries fines, de comptoirs et autres salons de thé». Et, depuis l'obtention de la Feuille d'or en 2005, qui a récompensé Tea&Cie de la création du meilleur thé avec son thé de Noël, l'événementiel est au rendez-vous entre salons gastronomiques et création de cartes spécifiques pour des institutions culturelles comme le Musée de la Compagnie des Indes à Port-Louis ou le Château de Chenonceau (37). Une renommée qui semble remonter jusqu'aux papilles des grandes agences de communication puisqu'elles proposent à leurs clients marchands d'associer leur image à la création du thé grégamiste. En 2011, Laurence et Stephan Masquelin perpétueront l'évangélisation du thé en réitérant leur voyage chinois sur quinze jours. En attendant, du côté de Grand-Champ, les ateliers découverte se font directement en magasin l'après-midi ainsi qu'en réunions ?tea party? à domicile.
À Grand-Champ, le comptoir de thé Tea & Cie a connu une croissance d'activité de 50% en 2009. Un engouement que la sortie de son carnet de voyages sur les routes du thé en Chine devrait confirmer.