Tata Steel : Gary Klesch renonce au rachat
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Tata Steel : Gary Klesch renonce au rachat

RAILS Après des mois de discussions, l'Américain Gary Klesch a finalement renoncé à acquérir les aciers longs en Europe de Tata Steel. Les 450 salariés du site de Hayange sont rassuré, mais pas soulagés. Le géant indien n'exclut pas de trouver un nouveau repreneur.

Le rachat n'aura finalement pas eu lieu entre le financier américain Gary Klesch et le géant indien de l'acier Tata Steel. Il y a moins d'un an, le groupe annonçait sa décision de vendre sa branche européenne de produits longs. Tata Steel emploie 450 salariés sur son site de Hayange, pour un total de 6.500 personnes sur l'ensemble de ses 9 sites européens de production de rails, tôles et barres métalliques, notamment au Royaume-Uni. La crainte des salariés était alors que les emplois soient touchés, surtout au vu de l'acquéreur qui se présentait à leur porte : Gary Klesch. L'homme d'affaires est connu dans l'Hexagone pour avoir tenté de reprendre Kem One, pôle vinylique du groupe chimique Arkema, en juillet 2012, pour un euro symbolique. L'opération s'était soldée par un redressement judiciaire. Les salariés étaient donc sur le qui-vive durant les discussions. Au mois de janvier, Gérard Glas, président Tata Steel France Rail annonçait que « la vente pourrait intervenir en juin. »




D'autres repreneurs potentiels

Gary Klesch avait déposé au mois d'avril un dossier auprès de la direction du Trésor pour demander l'autorisation de reprendre l'usine mosellane fabriquant 80 % des rails de la SNCF. Le Ministère de l'économie avait deux mois pour se prononcer sur ce projet de vente, et depuis le décret « Alstom », l'usine de Hayange est devenue un actif stratégique. Quelques mois plus tard, Gary Klesch annonçait au Financial Times que « les importations d'acier chinois à bas coûts et les coûts trop élevés de l'énergie le poussaient à renoncer à acquérir le site de Scunthorpe (Angleterre), le « hub » des activités aciers longs de Tata Steel en Europe. » Pour les salariés mosellans, dont le site est le seul du géant indien dans son activité produits longs à dégager des bénéfices (14 millions d'euros en 2014), « nous sommes rassurés, mais pas soulagés », explique Djamal Hamdani, de la CDFT Tata Steel de Hayange. « Nous avons certes échappé au fossoyeur, mais il s'agit de reculer pour mieux sauter, car Tata Steel nous a donné en 2014 trois ans pour que sa filière aciers longs soit à l'équilibre. Et si les produits longs ont été filialisés il y a quelques semaines, c'est pour mieux les vendre. » Dans l'attente de nouveaux repreneurs, l'usine mosellane continue elle son activité croissante. « Nous avons une visibilité de trois ans sur nos carnets de commandes et nous devrions atteindre les 18 millions d'euros de bénéfices. Nous battons des records de production, en 2016, nous devrions réaliser 350.000 tonnes de rails, contre 330.000 tonnes pour l'année en cours, nos produits ont une qualité de renommée mondiale, c'est une très grande force pour les salariés de l'usine. »



I.S.

TATA STEEL FRANCE RAIL



(Hayange - 57) Président : Gérard Glas 470 salariés 239 millions d'euros de CA

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