Sud-Ouest : De +105% à -75% en bourse en 2016 pour les entreprises régionales
# Finance # Conjoncture

Sud-Ouest : De +105% à -75% en bourse en 2016 pour les entreprises régionales

Axel Champeil, P-dg de Champeil Asset Management, analyse les performances et contre-performances en bourse des entreprises régionales.

Le Journal des entreprises : Comment s’est comporté le marché en 2016 ?

Axel Champeil : Nous avons connu une année assez compliquée avec des actualités lourdes : craintes sur les matières premières, Brexit, élection de Donald Trump… Logiquement, le marché action a logiquement connu des périodes de baisse. Mais on constate tout de même qu’il n’y a pas de catastrophe : Brexit a finalement été bien encaissé, et les marchés sont même remontés après l’élection de Donald Trump. Il faut dire que les taux d’intérêts restent très bas et donc favorisent l’investissement à risque. Globalement, les fondamentaux restent bons, même si des incertitudes politiques demeurent.

Le Sud-Ouest tire-t-il son épingle du jeu ?

A.C. : Historiquement, notre région n’est pas la plus active sur le marché. 2016 a tout de même vu l’introduction en bourse de quatre entreprises de Nouvelle-Aquitaine : Immersion, Cerinnov, Groupe Parot sur Alternext et O Sorbet d’Amour sur le marché libre. Mais les montants levés n’ont pas été très importants.

Les disparités sont très grandes entre les +105,7% d’Acces Industrie et les -75,60% d’Europlasma. Pourquoi ?

A.C. : Chaque cas est particulier. Access Industrie a connu une période compliquée pendant la crise et connait aujourd’hui un rebond. La gouvernance a été renouvelée, une nouvelle histoire est en train de s’écrire, les bénéfices sont de retour. Pour DPA, la variation du cours de 61,3% n’est pas très parlante, car la société est très liquide, avec un actionnariat qui pèse moins de 10% du capital. Les succès de Fontaine Pajot, Lectra et i2S sont plus à saluer. Fontaine Pajot, qui fabrique des catamarans, profite du redressement du secteur du nautisme et surtout tient ses engagements et annonce des investissements. Son cours de bourse a été multiplié par dix en 5 ans ! Lectra est la success story régionale, continue d’afficher des perspectives intéressantes et dégage un résultat net de 10%. J’ajoute que leur choix de ne pas délocaliser en Chine s’avère payant. I2S se redresse après une période compliquée et des problèmes de structuration. Le plus dur est derrière eux et nous assistons à un phénomène de rattrapage.

Qu’en est-il des entreprises situées en bas de votre classement ?

A.C. : Europlasma a levé 100 millions d'euros depuis 2001 et leur projet n’est toujours pas abouti. Même si es difficultés continuent de s’accumuler, on peut considérer que l’on est pas loin du bout du tunnel pour Europlasma. Fermentalg également a levé beaucoup d’argent, mais ne l’a pas toujours dépensé à bon escient. Il est difficile de valoriser quelque chose qui ne dégage pas de chiffre d’affaires. De même, Innoveox consomme beaucoup d’argent sans que le plan de mise en œuvre soit respecté.

Comment expliquez-vous la contre-performance de ConcoursMania ?

A.C. : Les choses sont différentes pour ConcoursMania. En 2013 et 2014, sa cotation dépassait les 15€, contre 3€ actuellement. Il s’agit d’une belle société mais qui a fini de délivrer des gains. Le business des jeux concours est très concurrencé, notamment par Facebook. Les investisseurs se détournent de ConcoursMania mais son cours actuel demeure très attractif, avec une valorisation à 12 millions d’euros et un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros. Si l’entreprise repart les investisseurs reviendront. La société dégageait 2 millions d'euros de résultat net en 2012, il faut s’en souvenir.

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