« Vous êtes bien dans la navale ». Directeur général du chantier naval STX France, Laurent Castaing présente sa nouvelle usine de Saint-Nazaire. La filiale française du groupe coréen STX ne fabrique en effet pas tous les éléments de ses paquebots dans des formes et des bassins. Elle s'efforce même de produire au maximum les sous-ensembles de ses navires dans des usines. Pour une question de compétitivité : « Ce qui coûte un euro en atelier coûte environ quatre euros à bord d'un navire », résume Laurent Castaing.
100 millions par paquebot
Depuis le milieu des années 1980, le chantier naval français de 2.300 salariés fabrique ainsi toutes les cabines de ses paquebots en ateliers. Telles des boîtes, les cabines sont installées à bord des navires entièrement équipées. Les réseaux informatiques, électriques, la plomberie jusqu'aux meubles, aux lits et aux matelas sont intégrés à l'intérieur de l'usine. L'enjeu n'a rien d'anodin. « La fabrication et l'assemblage des cabines représentent 10 % de la valeur d'un paquebot. Il s'agit donc de cent millions d'euros », indique ainsi Laurent Castaing. Depuis des années, STX France fabriquait ses cabines à Montoir-de-Bretagne. Le chantier naval nazairien les construit aujourd'hui dans la zone industrielle de Brais, à Saint-Nazaire, au sein des 22.000 m² de l'ancienne usine Eaton, inoccupée depuis plus de dix ans. La commande de l'armateur RCCL a accéléré un projet de déménagement de l'usine, qui trottait depuis des années dans la tête des dirigeants nazairiens. STX est en effet en train de construire les deux plus gros paquebots du monde. Avec ses 362 mètres de long, l'Oasis 3, qui sera livré à la mi-2016, accueillera ainsi 3.700 cabines. « Il nous fallait des lignes de production capables de fabriquer de plus grandes séries », résume Laurent Castaing. En son sein, 150 salariés de STX fabriquent une cinquantaine de cabines de paquebots par semaine. Le rythme va monter à 150 unités hebdomadaires.
Des cabines pour la Corée
L'usine travaille à 95 % pour les paquebots de STX. Mais elle fabrique aussi des cabines pour les plateformes pétrolières. STX a ainsi gagné des commandes de 100 à 200 unités pour des plates-formes offshore de Total. Les cabines nazairiennes sont envoyées par cargo jusque dans les chantiers navals coréens, qui fabriquent ces plates-formes pétrolières. « Aujourd'hui, contrairement aux Européens, les Asiatiques n'ont pas d'usine de pré-fabrication de cabines. Pour nous, c'est un avantage », assure Laurent Castaing. Avec la mise en route de sa nouvelle usine, STX France abandonne en revanche toute ambition sur le marché de l'habitat terrestre. « C'est un choix stratégique. On s'est organisé pour être compétitif sur les grandes séries. Pas sur les petites. Le marché de l'habitat terrestre, c'est généralement quelques dizaines d'unités. Sur ce segment, on n'est plus compétitif », indique le directeur général de STX.
STX France
(Saint-Nazaire) Dg : Laurent Castaing 2.300 salariés 550 M€ de CA en 2014 02 40 61 04 18