STX : Le pari industriel du chantier naval nazairien
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STX : Le pari industriel du chantier naval nazairien

Énergie Pour s'immiscer sur le marché de l'éolien marin où il ne compte à ce jour aucune commande, le chantier naval STX France investit 20 millions d'euros.

Au pied du pont de Saint-Nazaire, l'industrie éolienne offshore française est aujourd'hui en train de naître. En amont, les deux usines d'Alstom, qui doivent employer 300 salariés, seront inaugurées début décembre. Quelques centaines de mètres plus en aval, STX vient de démarrer la construction de sa nouvelle unité de production. Devant être opérationnelle au printemps 2015, l'usine de 11.000 m² fabriquera des fondations d'éoliennes marines ainsi que des sous-stations électriques, des gros transformateurs de plus de 1.000 tonnes placés en pleine mer. Deux cents personnes, salariés de STX et de ses sous-traitants, doivent travailler sur le site à terme.




Les collectivités actionnaires

L'investissement de 20 millions d'euros a fait l'objet d'un montage financier original. Les murs de l'usine sont en effet portés par une société immobilière contrôlée par STX et qui compte, en qualité d'actionnaires minoritaires, des structures appartenant au conseil régional des Pays de la Loire et de la communauté d'agglomération nazairienne. Un montage analogue sera réalisé en 2015 pour porter l'outillage. Contrairement aux deux futures usines d'Alstom, qui ont d'ores et déjà du chiffre d'affaires d'assuré, STX investit alors qu'il n'a pas une commande dans son escarcelle. « Pour prendre des marchés, il faut un outil de production », indique Laurent Castaing, directeur de STX France. En réalité, le chantier naval a déjà livré ces trois dernières années une fondation pour un prototype d'éolienne développé par Alstom, une sous-station électrique pour un champ anglais ainsi qu'un module pour les côtes africaines.




Les champs français agacent

La création des premiers champs éoliens au large des côtes françaises devrait apporter du business à Saint-Nazaire. Pour l'heure, ces projets ont surtout le don d'agacer la direction de STX. Malgré plusieurs partenariats industriels avec des consortiums pilotant les projets, « nous n'avons pas d'engagement concret », indique ainsi Laurent Castaing. Chez STX, on déplore le fait d'être considéré comme un simple fabricant à l'heure où les consortiums viennent de publier leurs premiers appels d'offres. « Nous regrettons de ne pas apporter tout ce que notre ingénierie peut apporter en termes de réduction de coûts et d'optimisation », indique ainsi Frédéric Grizaud, qui pilote les énergies marines chez STX France. La direction du chantier naval compte décrocher ses prochains marchés en Europe. « Il y a plusieurs milliards d'euros d'appel d'offres en cours en Europe actuellement », poursuit Frédéric Grizaud. Celui-ci attend des réponses d'énergéticiens en janvier prochain. La direction de STX compte réaliser 20 à 30 % de son activité sur le marché de l'éolien offshore en 2020. Cela représenterait 200 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaires pour le constructeur de paquebots.

STX France



(Saint-Nazaire) Dg : Laurent Castaing 2.500 salariés 748 M€ de CA en 2013 02 51 10 91 00

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