Il veut aller chercher 200 millions d'euros de chiffre d'affaires sur un nouveau marché. « Si on réussit ce défi, on fera mieux que beaucoup de start-up internet dont on parle beaucoup », note Laurent Castaing. Le défi du directeur général de STX France, c'est de réussir à ancrer durablement le chantier naval nazairien sur le marché des éoliennes offshore. Un segment sur lequel le dirigeant nazairien compte réaliser 20 % des revenus de l'entreprise en 2020, 30 % à terme.
20 millions investis
Pour s'imposer sur ce marché, STX va investir 20 millions d'euros à Saint-Nazaire, dans la construction d'une usine de 12.000 m². Avec des portes hautes de 16 mètres, cette usine, comprenant un atelier de pré-montage et une immense alvéole de peinture, pourra produire de gigantesques pièces pour les champs éoliens marins. Elle pourra ainsi fabriquer chaque année deux sous-stations électriques, de gros transformateurs pesant plus de mille tonnes, et 50 à 70 fondations d'éoliennes, de type jacket. Si STX a déjà construit une sous-station électrique pour l'énergéticien danois Dong sans cet équipement, la nouvelle usine s'avère aujourd'hui indispensable pour gagner de nouveaux marchés. Surtout que les autres ateliers du chantier sont tous monopolisés par le plan de charge de l'activité navale.
« La France prend du retard »
Les travaux de construction vont être lancés cet été. Laurent Castaing souhaite que la production des premières pièces puisse démarrer dans un an. Tout dépendra en fait des affaires gagnées par STX. Affichant un peu de retard sur son plan de charge initial, le chantier naval a répondu à une dizaine d'appels d'offres pour des sous-stations et des fondations. « On espère des décisions avant la fin de l'année », confie Laurent Castaing. Ses marchés se situent aujourd'hui au Royaume-Uni, en Allemagne ou au Danemark. Pas encore dans l'Hexagone. Suite à des accords avec Alstom et Areva, Laurent Castaing estime avoir « une forte probabilité d'avoir des commandes » pour les futurs champs éoliens marins français. Mais pas avant 2020. La lente mise en route des champs français constitue d'ailleurs « une insatisfaction » pour le Nazairien. Celui-ci estime qu'« on est en train de continuer à prendre du retard en France quand nos concurrents se renforcent. Ils apprennent à faire, à être compétitifs, etc. En France, tout est compliqué, avec des débats publics, des enquêtes publiques, des recours... ».
Le pic de 2017
Si STX cherche à prendre pied sur le marché des éoliennes marines, le chantier naval se prépare également à absorber un fort pic d'activité sur son coeur de métier, la construction de paquebots. Dans deux ans et demi, 6.000 personnes, salariés des chantiers et de ses sous-traitants, s'affaireront autour des navires de Royal Caribbean et de MSC. Mais, si le chantier a en quelques mois considérablement regarni son carnet de commandes, certains points continuent de poser problème. « Notre carnet de commandes n'est pas complètement lisse. On a toujours des creux entre les paquebots », indique Laurent Castaing. Conséquence, STX pourrait de nouveau avoir recours au chômage partiel en fin d'année pour ses ateliers de fabrication de coques métalliques. Pour résoudre cette problématique, « on cherche d'autres commandes, plus petites », indique Laurent Castaing. Une dizaine de projets serait dans les cartons. Le paradoxe, c'est que le chantier naval éprouve dans le même temps des difficultés de recrutements pour des postes de chaudronnier ou de soudeur. « On va avoir du mal à trouver des gens compétents », estime Laurent Castaing. Employant 2.400 salariés à Saint-Nazaire et 100 à Lorient, STX a recruté 70 personnes l'an passé et envisage 140 recrues supplémentaires cette année.
STX France
(Saint-Nazaire) Dg : Laurent Castaing 2.500 salariés 02 51 10 91 00