« Steva était prête à poser 1 M€ sur la table. Il nous en fallait 7 de plus pour mener à bien notre projet. Nous ne les avons pas obtenus ». Fin de l'histoire Steva/Altia Bessines, il y a quelques semaines. Et malheureusement, peut-être aussi fin de l'histoire Altia Bessines. Suite au dépôt de bilan du sous-traitant automobile Altia (CA 2013 : 400 M€; 3.800 salariés) vendu désormais à la découpe, l'usine Altia Bessines dans les Deux-Sèvres a été placée en observation jusqu'au 13 décembre. Aucun repreneur ne s'est présenté pour l'instant.
Diversification
Créé en juin dernier, grâce à la fusion de 5 ex-filiales du groupe GMD (Sanacier et MGE dans la Loire, PRI à Orléans, GDEC 25 à Besançon et GTEC industrie près de Sochaux), le groupe de sous-traitance mécanique Steva, dont le siège est à Feurs, pèse déjà 500 salariés pour un chiffre d'affaires prévisionnel de 58 M€ en 2014 (RN : 700.000 €). « Nous nous sommes positionnés sur le dossier Altia Bessines car ce site s'inscrivait parfaitement dans notre logique de diversification. Ce site nous aurait par exemple permis de prendre des parts de marché dans la sous-traitance pour les équipementiers automobiles et agricoles », explique Philippe Lassablière, l'ex-directeur du pôle emboutissage de GMD, désormais dirigeant et actionnaire de Steva. « Notre projet portait sur la reprise de 110 des 140 salariés, avec un investissement global de l'ordre de 8 M€ : 6,3 M€ pour les machines (presse de grande dimension et presse de cataphorèse), 1 M€ pour la réorganisation industrielle et le reste pour notre BFR ». Grâce à ces investissements et à une stratégie d'offre complémentaire et nouvelle, Philippe Lassablière tablait sur un résultat net de 500.000 € par an. « Je ne pouvais pas me permettre de faire prendre un risque à l'ensemble de Steva en contractant une dette de 7 M€. Nous avons donc sollicité des subventions. Les collectivités locales étaient prêtes à suivre mais nous nous sommes retrouvés confrontés à des problématiques de réglementation. Les subventions publiques ne peuvent être supérieures à l'investissement privé ». Et de regretter : « C'est extrêmement dommage pour Steva et pour les salariés de Bessines. Il s'agit d'un site compliqué, nous étions d'ailleurs les seuls sur les rangs ». Malgré cet échec, Philippe Lassablière est plus que jamais persuadé que pour assurer sa pérennité, Steva doit croître et s'affirmer comme un acteur solide, en France et à l'international. Notamment par le biais de croissances externes.
Deux dossiers de reprise dans le viseur
Steva s'est ainsi positionnée sur deux nouveaux dossiers de reprise. Elle a déposé une offre au tribunal de commerce pour le site d'Altia Montoire (20 salariés ; CA 2013 : 2,4 M€) près du Mans et réfléchit à une acquisition, d'ici à la fin de l'année, en Pologne. Les deux dossiers devraient être tranchés dans les tous prochains jours.
Steva. (Feurs) Dirigeant : Philippe Lassablière. 500 salariés. CA 2014 : 58 M€. www.groupe-steva.eu