Comment se situe Metz dans le paysage commercial national?
L'image est hors norme, avec un passé très commerçant. Mais les chiffres sont dans la norme même si le plateau commercial en centre-ville est étendu. La spécificité est une accessibilité par l'auto particulièrement bonne et très directe avec les parkings République et Saint-Jacques. Le revers de la médaille, c'est que les flux sont concentrés autour de ces deux points d'entrée. On note que 19% des enseignes nationales sont présentes à Metz. C'est un taux élevé. Lyon et Marseille sont à 32 et 34% et leur tissu commercial est beaucoup plus vaste.
Le prix des baux en centre-ville est souvent montré comme un frein à l'installation de nouveaux commerces
. Qu'en est-il?
Par rapport aux valeurs locatives élevées c'est une problématique nationale pour laquelle nous n'avons pas de solution réelle. Pour autant, nous avons pris un panel de transaction sur d'autres agglomérations. Pour les emplacements nº 1, Metz est bien au-dessus de villes comme Rennes, Grenoble ou Orléans. C'est lié à la structure de la propriété du foncier sur la ville. Mais à un moment il n'est plus possible d'augmenter les loyers car les chiffres d'affaires ne sont pas extensibles. En terme d'espaces inoccupés, Metz en a 200. Son taux de mitage est de 8,6%, en deçà de la moyenne française qui est à 12%. Mais il y a un problème sur le quartier Outre-Seille où le taux atteint 24%.
Au-delà du centre-ville, Metz a des projets commerciaux d'envergure sur Pompidou, le boulevard de Trêves et le sud de l'agglomération. Comment ne pas saturer?
Même s'il y a une bonne capacité de croissance, il n'y a pas forcément la capacité de tout absorber. Metz a su conserver un équilibre entre son commerce de centre-ville, un commerce de quartier plus riche qu'ailleurs, comme au Sablon. Il y a un excellent maillage de petites surfaces. Et des pôles comme Borny et l'Actisud. Avec les nouveaux projets, le défi sera de maintenir l'équilibre entre polarité de proximité et intermédiaires. Le temps permet de lisser les impacts de nouvelles ouvertures. En parallèle il faut conserver l'image de centre attractif en développant d'autres points d'entrée. Notamment en signalant d'autres parkings et en élargissant éventuellement le plateau piétonnier. L'autre enjeu est de constituer un véritable lieu de vie sur Borny où l'on puisse rallier tous les commerces à pied.
Mais la crainte de friches commerciales commence à poindre. Quelles sont les structures existantes ou en projets les plus fragiles?
Joker...
Le cabinet Pivadis - SM conseil a analysé le commerce sur l'agglomération messine. Stéphane Merlin, son dirigeant revient sur la problématique de la capitale mosellane.