ST Micro : Pourquoi le géant chouchoute les jeunes pousses
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ST Micro : Pourquoi le géant chouchoute les jeunes pousses

Microélectronique Le spécialiste grenoblois multiplie les partenariats avec les start-ups et PME de l'écosystème grenoblois pour développer de nouveaux marchés.

Avec deux sites basés à Grenoble (2.000 salariés) et à Crolles (3.800 salariés), le leader franco-italien des semi-conducteurs ST Microelectronics (CA 2015 : 6,9Md?, 43.000 salariés dans le monde) mise sur les start-up pour rester dans le coup. Ainsi, le groupe a lancé en 2014 un concours d'innovation qui vise à faire émerger 20 projets innovants dans le monde. A Grenoble, le programme Innovation Booster se propose d'héberger des start-ups et de faciliter leur accès au portefeuille technologique de ST « en vue d'accélérer les temps de développement ». Le principe : proposer de la location de bureaux sur plusieurs sites à des conditions préférentielles, et ce pour une durée allant jusqu'à deux ans, ainsi qu'une mise en relation avec des entreprises de l'écosystème. Le comité de sélection se compose de l'équipe de direction du site, ainsi que de responsables des divisions produits et ventes. «

Aujourd'hui, des applications dans l'Iot sont foison. Ce programme est là pour aider les créateurs à aller plus vite », résume Patrick Duréault, directeur de STMicroelectronics Grenoble, qui précise que ST n'a cependant pas vocation à prendre part au capital des start-ups. « Nous restons sur le terrain de la technologie ». En accompagnant ces entreprises, ST contribue du même temps à l'essor du marché, s'assurant ainsi de débouchés pour ses produits tels que les microcontrôleurs. « Les puces sont au coeur des applications de demain. En étant proches des acteurs émergents, on bâtit un partenariat gagnant-gagnant ».

Un apport pour les start-ups
Pour plusieurs jeunes pousses, les partenariats avec ST se traduisent par la fourniture de composants électroniques, leur permettant de prendre rapidement des positions sur le marché. « En contrepartie, ces start-ups nous permettent de progresser dans les applications et de mieux comprendre les challenges auxquels doivent faire face nos clients », résume Patrick Duréault, qui précise que l'intérêt de ST n'est pas de concevoir des composants spécifiques pour chaque client, mais de les rendre plus ajustables pour différents utilisateurs. Dans le Slate, (une ardoise numérique conçue par la start-up ISKN et visant à reproduire des traces écrites -dessins, notes- à l'écran, NDLR), les composants fournis par ST représentent plus de 80% du coût de l'électronique. Un partenariat déterminant pour la jeune pousse en pleine industrialisation : « C'est l'un des raisons pour lesquelles nous n'aurions pas pu naître ailleurs qu'à Grenoble », estime Jean-Luc Vallejo, l'un des cofondateurs. La société Alpwise (12 salariés), spécialisée dans la conception de logiciels de communication sans fil, travaille elle aussi depuis 2004 avec ST pour la fourniture de ses puces, de même que la société DreaminzZz (2 temps pleins), qui développe un masque de sommeil connecté. « Travailler avec ST nous a permis d'avoir une carte et des outils faciles à intégrer et de réaliser un prototypage en l'espace de deux semaines », annonce Kevin Kastenic, responsable technique.

Un accompagnement renforcé
D'autres comme Smart & Blue (5 salariés), qui commercialise le premier dispositif de douche connecté Hydrao, sont même directement issues de ST. Cofondée par un ancien salarié du groupe, Gabriel Della Monica, cette dernière est hébergée depuis sa création en octobre 2015 dans les locaux de ST, aux côtés de la start-up BlueMint Labs. « Cela nous permet de partager des idées et d'échanger sur nos produits ». Son voisin, le fondateur de BlueMintLabs (4 salariés), Vijayaraghavan Narayanan, affirme : « il est difficile d'amener une technologie à la réalité sans avoir un partenaire. Avoir derrière soi une société comme ST offre beaucoup de crédibilité lorsqu'il s'agit d'aller voir les banques». Sa collaboration avec le fabricant de semi-conducteurs, en vue de concevoir un dispositif de reconnaissance vocal portatif, lui a aussi offert un avantage concurrentiel : « Nous avons pu utiliser certains composants de ST avant même qu'ils ne soient lancés officiellement sur le marché, ce qui nous a donné une avance sur les autres ». Enfi, et depuis l'an dernier, le groupe franco-italien a annoncé sa volonté de développer les segments du smart-driving et de l'internet des objets, qui représentent chacun des perspectives de croissance importantes. « Le marché de l'automobile représente 2,1 Mds de dollars de chiffre d'affaires en 2015, et nous avons pour l'instant une part de marché de 9% décrit Gérard Matheron, directeur du site ST de Crolles. Le secteur des capteurs d'images s'élève à 3% de notre CA et prendra de l'essor avec le développement de l'automobile et de la maison connectée». Parallèlement à ces nouveaux marchés ST Microelectronics a développé des partenariats sur le volet de la formation avec Grenoble INP, qui vise à reconvertir cette année une vingtaine de salariés dans les métiers de l'analogique.

ST Microelectronics
(Grenoble)
P-dg ; Carlo Bozotti
43.000 salariés (2.000 à Grenoble et 3.800 à Crolles)
CA 2015 : 6,9Md€
www.st.com

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