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olutrans peut-il être crédible en l'absence annoncée de Renault Trucks numéro un mondial du poids lourd ? Absolument. Car cette absence ne traduit pas de désaveu à notre égard, mais un problème rencontré par le groupe Volvo qui souhaite en 2015, au regard des licenciements qu'il engage au sein de Renault Trucks notamment, limiter sa communication extérieure. Il va se contenter de présenter ses véhicules lors de réunions plus confidentielles pour éviter le risque de débordements. Certes la venue de Volvo Trucks apportait un chiffre d'affaires de 1 million d'euros au Salon (CA consolidé non communiqué, NDLR), somme importante au regard de notre budget communication (900K?), mais nous nous en remettons !
De quelle façon ?
Solutrans ce sont 37.000 visiteurs attendus pendant 5 jours, dont 15 % sont internationaux, 850 exposants dont un quart est étranger. Nous avons craint que l'absence du numéro Un n'entraîne d'autres défections, mais au contraire ! Mercedes a ainsi pris 2.000 m² d'exposition au lieu de 1.300m² habituellement. Le grand absent prend le risque de lancer un mauvais signal, de grever la confiance des acheteurs, qui se tourneront vers ses concurrents... Quant à nous, nous sommes au-delà de nos objectifs en termes de chiffre d'affaires, objectifs qui tenaient pourtant compte de la présence du groupe français.
Comment la bonne santé que vous décrivez se traduit-elle concrètement ?
Nous avons augmenté de 20 % nos investissements dans la communication à l'international, avec 2M? de budget. C'est indispensable pour accroître notre notoriété et prendre des parts de marchés. Cela paye car certains pays tels que la Belgique, l'Allemagne ou la Turquie subventionnent leurs industries pour venir exposer à Solutrans. Il y a 3 ans nous accueillions 10 % d'entreprises étrangères, nous atteignons 25 % cette année. Grâce à Solutrans, pendant 8 jours tous les hôtels lyonnais de 3 ou 4 étoiles sont pleins ! Nous sommes le troisième salon BtoB de la région après Pollutec et le Sirha.
On a coutume de dire que le marché du transport reflète l'état de l'économie. Comment va-t-il ?
En 2008/2009 le marché a été frappé par la crise : -80 % de prises de commandes. Depuis le 1er semestre 2015, le marché redémarre, les prévisions pour 2016/2017 sont correctes. L'effet Amazon est important : les véhicules du dernier kilomètre sont très demandés, ce qui compense également la crise dont a souffert le BTP.
Propos recueillis par Audrey Henrion
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