Ils ne sont plus que deux à fabriquer des feuilles plastiques par extrusion pour revêtir les planches de ski et nautiques: l'un est situé en Autriche, le second, Socrep, à Vaulx-en-Velin. Avec le rachat des actifs de son concurrent suisse Gurit (qui employait 70 personnes sur trois sites de production, fermés), l'an passé, Socrep est devenu un incontournable sur le marché du ski, qui concentre 70% de son chiffre d'affaires.
90% à l'export
Début 2009, il a procédé à une augmentation de capital par obligations convertibles avec BNP Développement, de 770.000 €, pour financer la reprise de Gurit. Puis, pour combler le manque à gagner de la fermeture des usines de son client Rossignol pendant trois mois, il a procédé à une nouvelle augmentation de ses fonds propres de 1,3M€ financée avec le concours du fonds Althinvest, de BNP Développement et de ses salariés. «Nous avons ainsi doublé les fonds propres, ce qui nous permet de financer une année difficile sur le plan conjoncturel, alors que nous sommes passés du statut de PME européenne à celui de PME mondiale. 90% de notre chiffre d'affaires est réalisé à l'export depuis le rachat de Gurit.» Créée en 1979, Socrep s'est lancée sur le ski en partenariat avec Salomon et ses monocoques, en 1986. Pendant quatorze ans, elle a travaillé exclusivement pour Salomon. En 2000, Pierre Koehl, son actuel dirigeant, a repris l'entreprise par LBO pour l'ouvrir à d'autres clients et à d'autres applications. Depuis 2003, elle travaille ainsi pour 20 marques de ski des grands fabricants. «Les feuilles plastiques qui revêtent les skis sont des produits très techniques qui nécessitent des process de fabrication très complexes», explique le dirigeant. Pour 2010, il prévoit une nouvelle augmentation de ses fonds propres de l'ordre de 1M€ financée avec Oséo par les fonds participatifs ou stratégiques d'État. Le but : «être complètement indépendant des partenaires bancaires qui ne jouent pas leur rôle d'accompagnateur dans notre phase de croissance, à l'exception de la Banque Martin Maurel et de Neuflize», précise Pierre Koehl.
Diversification
Avec une structure désormais bien équipée, puisque Socrep «peut réaliser 15M€ de chiffre d'affaires sans investissement important», le dirigeant vise plusieurs axes de développement: la poursuite d'innovations pour le ski, comme la fabrication de champs transparents et de semelles extrudées qui ne nécessiteraient plus de fartage, mais aussi de nouvelles applications. Dans le secteur médical (orthèses, prothèses, semelles orthopédiques et sportives...), mais aussi dans celui du packaging, où il réalise par exemple des tests de feuilles biodégradables qui pourraient trouver des débouchés dans le domaine horticole. En 2009, Socrep devrait réaliser 5M€ de chiffre d'affaires: un montant stable par rapport à 2008, malgré les aléas de la conjoncture. La rentabilité est attendue pour 2010.
Après 2M€ levés en 2009,le fabricant de feuilles thermoplastiques de Vaulx-en-Velin prévoit une nouvelle augmentation de ses fonds propres de 1 M€ en 2010 pour financer son développement.