Réunie auMans pour l'assemblée générale nationale de son syndicat (SNIA), l'industrie privée de l'alimentation animale souffre d'une contraction des volumes: déjà en perte de près de 6% l'an passé (ce qui a permis à l'Espagne de déloger la France de la première place européenne), la production française perd encore 1,9% sur la période de janvier à avril2010. En cause, l'érosion de la consommation de viande, l'augmentation des importations et l'amélioration de la technicité. Il faut en effet désormais moins de 1,7kg d'aliments pour produire 1kg de poulet contre 2,5 il y a 30 ans. C'est notamment pour faire reconnaître leurs efforts de productivité qui vont de pair avec la valorisation de coproduits des industries alimentaires (tourteaux et sons par exemple), ainsi que la réduction des effluents en élevage par un meilleur ajustement entre aliments et besoins des animaux, que les professionnels se placent sous le signe du développement durable. «Il nous importe de proposer des solutions efficaces, innovantes, valorisantes pour les filières et leurs débouchés. Mais en même temps, ces solutions doivent être économiquement réalisables et créatrices de valeur pour l'ensemble des différents acteurs de la filière», rappelait son président Adolphe Thomas en clôture des débats. Dans le développement durable, il souligne, pragmatique, la notion de durée et donc de pérennité des entreprises.
«Mission développement durable
» L'an dernier, les trois syndicats nationaux de l'alimentation animale (Snia pour les sociétés privées, Coop de France Nutrition Animale pour les coopératives et Afca-Cial pour les producteurs de minéraux) avaient lancé une mission développement durable avec le centre technique de la profession (Tecaliman, basé à Nantes). L'AG duMans a donc donné une première tribune aux dix engagements pris par l'ensemble de ces structures. Et à quelques-unes de ses revendications, notamment l'autorisation de circulation des camions de 44 tonnes qui permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant la productivité. Présente, la députée Fabienne Labrette-Ménager (vice présidente du Conseil général et présidente de la commission de l'environnement et du développement durable), rappelle que l'entretien des routes représente une part conséquente du budget de tout conseil général et qu'il faut dialoguer pour trouver les solutions au niveau local.
Contact: Snia ? Pays de la Loire ? Caroline Huttepain-Peltier (groupe LDC Amont) Contact national: Stéphane Radet (secrétaire général): 01.44.18.63.50; www.nutritionanimale.org
Malgré la perte de tonnages fabriqués en France, le Syndicat national de l'industrie de la nutrition animale (SNIA) propose des solutions concrètes pour pérenniser la filière.