Selon un sondage Ifop réalisé en 2013 pour le compte de l'Agefa-PME, 51 % des chefs d'entreprise jugent l'enseignement professionnel inadapté aux besoins réels des entreprises. Pour y remédier, 92 % d'entre eux souhaiteraient être davantage associés à la définition des programmes. C'est possible ! Et c'est d'ailleurs déjà le cas dans de nombreux établissements. « Un bon organisme de formation est toujours à l'écoute de son marché et notamment des professionnels. Certains programmes méritent sans doute d'être dépoussiérés mais de manière générale, les établissements qui proposent des formations en alternance ont souvent des vacataires issus de postes opérationnels dans l'entreprise. Ils interviennent dans leurs formations et apportent un regard de terrain sur les programmes. Chez nous, nous avons même pour certaines de nos formations des conseils scientifiques auxquels participent des professionnels. Ils regardent chaque année les programmes de formation et les font évoluer », tente de rassurer Denis Simon, responsable des relations entreprises et carrières de la faculté de Droit des facultés de l'Université catholique de Lille. Pour avoir des parcours de formation le plus adaptés possible aux besoins des entreprises, certains établissements n'hésitent plus à placer les dites entreprises au coeur du parcours de formation. Au Cesi d'Arras, « les entreprises sont impliquées sur la partie recrutement des jeunes apprentis, mais aussi tout au long de leurs cursus via leur participation au jury des études. Chaque semestre, on fait le point sur chaque apprenti. Cela permet d'avoir aussi un regard de l'entreprise sur d'éventuelles évolutions à amener dans les programmes les années suivantes », développe Géraldine Longe, responsable du CESI d'Arras et de son école d'ingénieurs.
Éviter de penser à court terme
Si l'implication des entreprises est souhaitable, il convient toutefois de prendre un peu de hauteur entre le besoin du terrain et la vocation de l'établissement. « Les objectifs ne sont pas les mêmes. L'entreprise est souvent dans une vision et des besoins à court terme. Nous, nous sommes là, certes pour former des jeunes rapidement opérationnels, mais aussi pour les préparer aux métiers de demain. C'est en cela que nos modes d'anciennement sont parfois loin du quotidien de l'entreprise. Mais ces méthodes de demain, ils peuvent aussi les injecter progressivement dans l'entreprise pour la faire évoluer », conclut Denis Simon.