À Vienne, une rame de métro rouge et noir attend ses finitions dans les ateliers de Siemens où travaillent 1.200 des 348.000 employés de la firme allemande, qui pèse plus de 75 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Malgré les couleurs du Stade rennais, celle-ci est commandée pour Dubai... Celle de Rennes, aux couleurs jaune et bleu et très vitrée, trône un peu plus loin. Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole prend connaissance de sa commande dévoilée en avant-première le 22 mars en vue de la future ligne B du métro rennais. Cette deuxième ligne sera mise en service au printemps 2020. « Le calendrier et l'enveloppe seront tenus », assure l'élu, accompagné de son vice-président aux transports, Jean-Jacques Bernard. Deux voitures composeront chaque rame pour une prévision de trafic de 120 millions de voyages en 2025 sur les deux lignes confondues (contre 76 millions de passagers en 2014). Les livraisons des rames vont s'échelonner de juin 2017 à mi-2018. Premières impressions à bord : « Plus spacieuse, plus moderne, plus connectée... »
Rennes la pionnière
Rennes est la première métropole au monde à avoir commandé ce CityVal automatique sur pneus, nouvelle génération. Siemens avait remporté le marché de 25 rames face à Bombardier. Un contrat aux retombées européennes selon l'esprit maison. Christophe De Maistre, président de Siemens France, assure que ce projet fait travailler 200 ingénieurs internes (50 ETP) et 70 entreprises dont 80 % implantées en France, au sein desquelles on trouve 15 % d'entreprises régionales (Laudren, Pigeon Béton, Dourmap, BCIG, Cequad, Compin, Socofer, FDI +, Apave...). À Rennes, Siemens va aussi doubler temporairement l'effectif de son équipe dédiée, actuellement de dix salariés.
Toulouse, Francfort, Dubaï, Los Angeles en ligne de mire
Pour Rennes, les retombées se mesureront aussi à long terme. Siemens veut en faire une vitrine pour déclencher ses futurs contrats : la version aéroportuaire AirVal a fait partie d'une offre de 30 voitures pour l'aéroport de Francfort. Décision attendue fin 2017. « Nous remettrons une offre similaire à la fin du mois de mai pour Dubaï avec 120 à 150 voitures », souligne Éric Cazeaux, directeur de la division mobilité de Siemens (8 milliards d'euros de CA) qui évoque d'autres « opportunités » à Los Angeles et à Taïwan. Sans oublier la troisième ligne du métro de Toulouse sur laquelle Siemens, très présent sur place, « souhaite se positionner ».
La prime au primo-client
Mais il y aura forcément une prime au pionnier rennais, qui doit maintenant s'attendre à accueillir le monde entier. « Au lancement de la ligne 14 à Paris, nous recevions trois délégations par jour ! », se souvient-on chez Siemens. À Rennes, les élus veulent « rééditer le succès » connu lors du lancement de la première ligne par la plus petite ville au monde à se doter d'un métro à l'époque. D'ici là, il faut renouveler la délégation de service public (DSP) pour la gestion du nouveau métro. Seul le sortant Keolis, absent à Vienne, a répondu. Décision en octobre.