SGT produit déjà chaque année des milliards de tubes en plastique qui sont ensuite transformés en bouteilles par les plus grands embouteilleurs mondiaux, comme Pepsi, Danone, Nestlé ou Coca Cola. L'entreprise rezéenne s'apprête à en fabriquer des milliards d'autres. Elle injecte pour cela onze millions d'euros dans son outil productif. La majeure partie de l'investissement, sept millions d'euros, a permis d'ériger une deuxième usine, de 4.000 m², qui a ouvert ses portes fin mai en Algérie. La première, qui a vu le jour en 2001, arrivait à saturation. « Nous avons aujourd'hui beaucoup de mal à livrer le marché algérien. Nos clients accroissent leurs capacités de production tandis que de nouveaux projets voient le jour. Le plastique est de plus en plus utilisé pour conditionner les liquides », explique Frédéric Mignot, président et actionnaire majoritaire de SGT.
3,8 milliards de préformes
Approvisionnant aussi bien des groupes mondiaux que des entreprises algériennes comme les eaux minérales Guédila, la première usine algérienne fabrique 1,8 milliard de préformes, destinées au conditionnement des liquides, à partir de granulés de PET (polyéthylène téréphtalate). La seconde doit en produire en vitesse de croisière deux milliards. Située à Sétif, l'usine a aussi vocation à alimenter d'autres pays du Maghreb, comme la Tunisie et la Libye. « Dans ces marchés de masse, il nous faut être proche de nos clients parce que nos préformes représentent une part significative du coût de leurs produits, qu'elles se transportent mal et que les importations sont bien taxées en Algérie », poursuit Frédéric Mignot. Revendiquant le leadership sur le marché algérien, le dirigeant y emploie aujourd'hui 175 salariés.
L'Afrique de l'Ouest
C'est désormais plus que dans l'agglomération nantaise où la PME fait travailler 90 personnes. Fabriquant 2,2 milliards de préformes, le site nantais va lui aussi bénéficier d'un plan d'investissement, de quatre millions d'euros. Début 2014, deux lignes de production supplémentaires augmenteront sa capacité de production de 400 millions d'unités supplémentaires. Le dynamisme des exportations, qui représentent 35 % de l'activitée réalisée dans l'agglomération nantaise, explique pour partie cet investissement. « On progresse à Rezé grâce à l'export », indique Lilia Jolly, responsable marketing. Dans le viseur de SGT : les marchés d'Afrique de l'Ouest comme le Sénégal ou le Gabon. Dans ces pays, « le marché est dynamique, mais il n'y a que de petites productions locales. Il n'y a donc pas matière à y installer une usine. Alors on exporte des produits réalisés en France », explique Frédéric Mignot. Le dirigeant compte également sur la R & D pour augmenter la production nantaise. Depuis des années, SGT s'efforce d'abaisser le coût de ses produits. Aussi bien en faisant appel à des matières recyclables qu'en allégeant les emballages. Le poids d'une bouteille en plastique de 1,5 litre est ainsi passé de 38 grammes en 1997 à 21,6 grammes aujourd'hui. Cela permet à SGT d'être présent sur des marchés de masse comme celui de la bouteille d'eau, qui représente plus de la moitié de l'activité. Mais aussi de se positionner sur le conditionnement d'autres liquides comme les sodas, l'huile, le vin, les savons liquides ou l'huile automobile.
Vers le marché du lait
Le dirigeant espère que les efforts de R & D lui permettront demain d'attaquer un autre marché, celui du lait UHT. « Très peu présent sur ce marché, le PET présente plusieurs avantages. Il est facile à travailler et peut offrir beaucoup plus de possibilités aux industriels laitiers au niveau des formes de la bouteille et du marketing. Cette technologie offre en outre des cadences de production beaucoup plus élevées que les solutions qu'ils utilisent actuellement », assure Frédéric Mignot. Mais le PET a aussi un inconvénient. « Il laisse passer la lumière. Le lait n'aime pas du tout », poursuit le chef d'entreprise. Du coup, SGT travaille sur la mise en place de filtres anti-UV et anti-jaunissement. La première gamme de préformes adaptées au lait, élaborée avec des industriels du secteur, « est pratiquement prête », confie le dirigeant nantais, qui espère prendre des positions « sur un très gros marché ».
SGT
(Rezé) Président : Frédéric Mignot 265 salariés 185 M€ de CA 02 40 05 09 37