Numéro deux de Séritech à Vannes depuis 2008, Bruno Tranchard vient de reprendre l'entreprise spécialisée dans la sérigraphie industrielle après sa mise en liquidation en juin dernier. «Sous l'impulsion de mon expert-comptable, j'ai constitué le dossier en un mois», raconte-t-il. «Je pensais qu'il fallait avoir du capital et je n'en avais pas. Mais nous avons été soutenus par un investisseur, qui a fait que les banques ont suivi.» Mi-octobre, il a enfin reçu le numéro de TVA intracommunautaire lui permettant d'émettre des factures. La Nouvelle Société Séritech peut-être officiellement lancée.
Deux liquidations
Entreprise créée en 1986, Séritech déménage successivement d'Auray, puis Ploeren pour s'installer dans un bâtiment confortable zone de Pentaparc à Vannes en 2008. Sauf que l'année suivante, crise aidant, n'est pas aussi bonne que le dirigeant l'espérait. Le lourd investissement devient difficile à financer. En 2010, Séritech est mise en redressement judiciaire. Un coup dur pour Bruno Tranchard arrivé seulement deux ans auparavant dans l'entreprise, alors qu'il venait de quitter Kelt, le constructeur de bateaux hors-bord également en liquidation. «J'ai soutenu mon ex-patron pour tenter de trouver une solution», raconte-t-il, constant que «l'entreprise a coulé alors que les clients et le marché existent». Sous-traitant pour l'industrie, Séritech conçoit et fabrique de petites séries d'interfaces hommes machines: digicodes de prison, commandes de balnéo, de wagon SNCF ou de fauteuil business class...
«Une bouchée de pain»
Trois mois plus tard, Bruno Tranchard est président de la SAS Nouvelle Société Séritech. Il possède 58% du capital de 30.000euros. Le second actionnaire est présent à hauteur de 21% et trois collaborateurs ont pris chacun 7% des parts sociales. Les machines, le fonds de commerce et le stock ont été rachetés pour 140.000euros. «Une bouchée de pain!», reconnaît Bruno Tranchard qui a vu là une opportunité unique de devenir son propre patron.
Douze salariés réembauchés
«En septembre, avec l'accord du mandataire judiciaire, nous relancions l'activité», poursuit-il, visant 1,4million d'euros de chiffre d'affaires sur le premier exercice. L'entreprise occupe aujourd'hui 900m² des 1.400m² de bâtiment de l'ex-société, zone de Pentaparc. Un bail précaire qui prendra fin dans moins de six mois. Mais d'ici là, pas le temps de chômer. Aidé par Pôle Emploi, Séritech a pu réembaucher douze des 45 salariés licenciés. Bruno Tranchard prévoit même d'autres recrutements dans les prochains mois pour répondre à l'activité. Les clients, eux, n'ont pas lâché leur fournisseur. Séritech s'est fait un nom auprès de donneurs d'ordre tels que Alstom, Thalès ou Hill-Rom.
Reprise Moins de trois mois après sa liquidation, Séritech a trouvé repreneur. Le directeur général, Bruno Tranchard, a relancé l'activité en septembre dernier.