«Le serious game ne remplace pas les formations classiques, il est un outil de complément», prévient d'emblée Philippe Larrouquère, du pôle de compétitivité Imaginove (Rhône Alpes), organisateur du salon Serious Game Expo de Lyon*. Ces applications combinent un objectif sérieux (information, marketing, entraînement...) et des ressorts ludiques calqués sur le jeu vidéo. Né aux États-Unis, il a d'abord été utilisé par l'armée, pour des simulations, avant d'être utilisé par les chefs d'entreprise pour former managers, cadres et salariés.
Champs d'actions infinis
«Il permet l'acquisition de bases de manière ludique, et rend plus attrayante une formation qui pourrait paraître rébarbative», souligne Philippe Larrouquère. Les champs d'actions sont infinis: défense, santé, sécurité, hygiène, écologie, politique, humanitaire, publicité, marketing... À titre d'exemple, la société Daesign a développé un serious game pour Renault afin de former ses commerciaux: chaque utilisateur dispose d'un avatar et simule des situations de vente. Des serious games sensibilisent aussi aux normes de sécurité: très utile pour des laboratoires, l'industrie agroalimentaire ou la restauration rapide. D'autres logiciels permettent de recréer des situations proches de celles vécues en entreprise: «Les managers peuvent faire passer virtuellement 30 ou 50 entretiens annuels d'évaluation différents et adapter leur comportement», indique Richard Declaude, directeur du développement de l'institut de formation Ecofac (LeMans). Tout en faisant remarquer que «pour une formation en salle, ce serait impossible.» Ecofac les utilise pour «que le stagiaire puisse continuer à s'entraîner sur la durée, de manière vraiment continue.»
«À budget équivalent, on forme plus gens»
Le serious game peut être utilisé par tous, même les non-initiés aux jeux vidéo, et mis à disposition au sein même de l'entreprise. L'outil est intéressant car il «crée de la répétition tout en apportant un côté ludique et addictif, considère Richard Declaude. Et la formation, c'est comme le sport, plus on pratique une activité, plus on sera efficace!» Le serious game permet aussi une meilleure attention du public par rapport à une formation en salle. Résultat, on assimile plus vite et on retient mieux. Intérêt supplémentaire pour l'entreprise: «Pour un budget équivalent à un schéma classique de formation, on forme plus de gens, plus longtemps et en les sollicitant plus souvent», avance le directeur du développement.
Aussi sur smartphones
Enfin, le serious game devient également mobile. Beaucoup de studios créent en effet actuellement des versions pour smartphones. De quoi réviser rapidement ses classiques dans le train, ou juste avant un rendez-vous de chantier.
* Salon professionnel, à la cité internationale de Lyon, les 21 et 22novembre 2011. Des conférences et 40 exposants attendus.
Présent en France depuis plusieurs années déjà, le serious game est toujours aussi attractif. Ses atouts: un budget inférieur et un aspect ludique qui plaît aux stagiaires.