Il faudra montrer patte blanche pour visiter les nouveaux locaux de Secure-IC et admirer la superbe vue sur les Champs Blancs. Hassan Triqui veut faire de ce QG sécurisé une vitrine de son savoir-faire en matière de cybersécurité avec showroom, mais aussi un lieu de vie pour ses collaborateurs. Ils disposent déjà d'un baby-foot, d'une cafétéria, bientôt d'une immense terrasse paysagère pour les beaux jours, etc.
Passer de 30 à 50 salariés
Pour l'instant, sur ses 500 m², ils sont une trentaine de salariés et ils étaient moitié moins il y a deux ans. « Nous serons 40 en fin d'année et un potentiel de 50 dans deux ans. Nous franchissons un palier », confie Hassan Triqui, président et l'un des cinq cofondateurs de cette société créée en janvier 2010 et reconnue dans le monde entier pour ses solutions de protection de composants électroniques comme les cartes à puces que l'on retrouve dans les téléphones portables notamment. « Nous faisons l'audit et l'évaluation des systèmes et amenons ensuite le remède au problème. » Secure-IC se positionne comme fournisseur de technologies pour protéger des systèmes embarqués comme des cyberattaques. Sa réponse est « plurielle ».
Cartes bancaires, téléphones, passeports électroniques
Ses clients sont, par exemple, la DGA, des opérateurs de cartes bancaires, mais aussi des industriels du semi-conducteur... Ses solutions se retrouvent aussi dans les passeports électroniques. « Nos nouveaux locaux sont prêts à accueillir des projets sensibles, dans un contexte gouvernemental et industriel autour de la microélectronique. Nous valorisons des brevets et un savoir-faire dans la sécurisation physique de composants », ajoute Hassan Triqui qui réalise 75 % de son business à l'export, en Europe mais aussi en Asie depuis 2014. Il vient d'ouvrir une filiale à Singapour et dispose d'un bureau aux États-Unis où se trouve son principal concurrent.
75 % à l'export et des pays où se développer...
Hassan Triqui a sa liste de pays cibles à développer dont dix de « rang 1 » : la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis, Singapour, le Japon la Chine, Taïwan et la Corée ; les autres de rang 2 sont : l'Inde, l'Indonésie, l'Espagne, l'Italie, la Malaisie et la Thaïlande... Des donneurs d'ordre rencontrés notamment au Forum international de la cybersécurité (FIC) à Lille. Secure-IC y participait pour la deuxième fois et sera à nouveau sponsor, comme depuis quatre ans, de la prochaine Conférence internationale sur la sécurité des systèmes embarqués (CHES), prévue à Saint-Malo en septembre.
Premier Pass French Tech breton et hypercroissance
Ce n'est pas un hasard si cet événement de niveau mondial a lieu en Bretagne, région d'excellence en cybersécurité. Rentable « depuis toujours », Secure-IC tait son chiffre d'affaires mais assure qu'il double tous les ans. Le Pass French Tech que la société vient d'obtenir en atteste : « Ce label récompense des entreprises en hyper-croissance, c'est une reconnaissance et de la visibilité pour nous. Nous sommes la première entreprise de Bretagne à l'obtenir », se félicite Hassan Triqui.
À Rennes pour ses talents
Cet entrepreneur marocain d'origine a trouvé à Rennes des atouts pour fixer son entreprise, également très axée sur Paris où se trouvent trois de ses associés, enseignants chercheurs à Telecom Paris Tech. « Rennes a des atouts en terme de recrutement avec des profils variés. » Il puise dans le terreau des ingénieurs, docteurs, cryptologues, experts en traitement de signal... Les dépenses en R & D de cette Jeune entreprise innovante (JEI), de 5 ans qui bénéficie aussi du Crédit d'impôt recherche, s'élèvent à 80 % de son chiffre d'affaires !
Géry Bertrande
À Cesson-Sévigné, où elle vient de déménager quittant la pépinière voisine qui l'a vue naître, la société Secure-IC a pris ses quartiers hautement sécurisés. Un nouvel outil pour asseoir la croissance de cet expert qui ouvre aussi des bureaux à l'étranger.