« Quand notre entreprise, SMN, a été placée en liquidation, on ne pouvait pas se résoudre à la voir disparaître. Avec six salariés, on s'est alors mobilisé en septembre 2012 pour monter un projet de reprise car il n'y avait pas d'autres candidats. On a sollicité de nombreux acteurs pour nous accompagner comme EADS Développement, la CCI, Creadev, Total Développement, STX, la Région, etc. Ils nous ont suivis et, en dix jours, on a pu monter notre dossier de reprise sous forme de Scop et le présenter au tribunal de commerce. Les banquiers et financiers nous ont également fait confiance. L'union régionale des Scop de l'Ouest nous a également conseillés sur les aspects juridiques de la reprise en Scop.
Des profils complémentaires
Le tribunal a retenu notre offre de reprise, ce qui a permis de redémarrer l'activité de l'entreprise, rebaptisée SCTMI (NDLR : Société de chaudronnerie, de tuyauterie et de maintenance industrielle) avec 13 des 30 salariés que comptait l'ex-SMN. Les profils des six associés, sont très complémentaires, avec des compétences en gestion, en comptabilité, en production, etc. On a tous une quarantaine d'années et, à notre âge, on a vu ce projet comme une opportunité. Nous avons opté pour le statut de Scop de façon assez naturelle. On voulait que le travail de la société soit redistribué parce que cela motive tout le monde.
Recentrage sur l'industrie
Dès la reprise, on a recentré notre activité sur l'industrie et nous avons abandonné l'activité bâtiment. On a tourné la page SMN dans nos têtes et on a renoué le contact commercial avec les clients. Le challenge de nos six premiers mois a été de les reconquérir. De leur expliquer ce que l'on faisait désormais. De les rassurer avec par exemple la certification Iso 9001. Et ça marche puisque, sur un an, on a augmenté de 23 % le nombre de nos clients. Au début, ils nous testent en nous confiant de petites réalisations et on voit qu'en leur donnant satisfaction, ils reviennent chez nous. Cette reconquête, ça prend du temps, mais ça paie. Les six premiers mois ont été moins bons que ce que l'on imaginait, notamment à cause de la conjoncture mais on a rattrapé le retard. On s'est aussi diversifié, notamment dans le secteur des outillages sur-mesure. Les clients nous refont confiance. Après une année d'exploitation, le bilan est positif. Nous sommes sur 1,6 million d'euros de chiffre d'affaires et le résultat net est revenu dans le vert. Maintenant, rien n'est définitif. On a remis l'entreprise sur les rails, mais le pari n'est pas encore réussi. Nous ne sommes à l'abri de rien. Reprendre une entreprise dans la conjoncture actuelle, c'est quand même osé. Mais les bases sont solides. On le voit avec des industriels comme DCNS, Man Diesel et Airbus qui nous font confiance.SMN et ses difficultés, pour nous, c'est derrière nous. On se projette dans l'avenir et on avance. Nous allons recruter notre premier salarié pour notre activité de production. C'est une formidable aventure pour les six associés mais aussi pour tous les salariés. On a su être crédible au moment de la reprise devant tous nos partenaires. Nos efforts commerciaux paient aujourd'hui. En 2014, on veut encore développer le chiffre d'affaires et la société ».
SCTMI
(Donges)Gérant : Jean-Michel Lecuyer13 salariésCA : 1,6 M€02 40 22 32 49