L'entreprise de conception et de fabrication de solutions de coffrage et d'étaiement pour la construction ne laisse pas la crise lui couper l'appétit. Elle affiche au contraire des objectifs clairs : passer de 12 à 20 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2020, en s'appuyant sur l'export et l'innovation. Un pari qu'assume avec décontraction Alexandre Souvignet, P-dg d'Alphi, qui a fini de racheter avec son frère Philippe l'entreprise familiale au mois de mai dernier. Une entreprise dont le chiffre d'affaires et le nombre de salarié ont été multipliés par 10 ces dix dernières années, quand dans le même temps la construction de logements en France a chuté d'un tiers. Alphi est partout : le chantier du Grand Stade et la Tour Oxygène de Lyon, la station d'épuration de Chambéry ou encore la gare téléphérique de La Solaise à Val d'Isère, le plus haut chantier de France, à 2.600 m d'altitude. La société est leader sur le marché du coffrage de dalles en France. Pour répondre aux besoins des majors de la construction, qui préfèrent souvent louer les produits que les acquérir, les investissements se sont enchaînés, avec par exemple l'acquisition d'un terrain de 25.000 m² à Saint-Genix-sur-Guiers, dans l'Ain, pour y installer son dépôt. Un investissement de 4 M€, pour un parc matériel de 16 millions d'euros en valeur de remplacement. 60 % du chiffre d'affaires est réalisé dans la location du matériel. Par exemple une machine de nettoyage a été acquise pour plus de 400.000€.
Cap sur l'international
Mais les Savoyards, poussés par la crise, partent à la conquête de nouveaux marchés avec la volonté de multiplier par cinq la valeur de l'export : de 20 % du chiffre d'affaires aujourd'hui, le P-dg prévoit d'atteindre 40 % à l'export dans 5 ans. Une agence a été ouverte au Qatar en 2012, base arrière ouvrant la porte aux marchés du Moyen-Orient. Un entrepôt va être loué pour servir le Benelux et l'Allemagne de produits français répondant aux normes Européennes. Une agence en Suisse Alémanique sera aussi lancée d'ici 2 ans. Ensuite, Alphi devrait investir au Royaume Uni d'ici trois ans, « là où sont installées de nombreuses entreprises françaises majeures » décrit le dirigeant. L'atout d'Alphi ? Actualiser sans cesse
ses produits, avec un rythme de trois à quatre brevets déposés par an. « On fait du benchmark sur ce qui existe, mais on essaie toujours d'apporter un plus, et c'est ça qui est brevetable. Pour chaque nouvelle gamme de produit, on dépose plusieurs brevets. Continuer sur ce rythme ne paraît pas farfelu ». Une stratégie soutenue par BPI qui a aidé au lancement du produit phare, TopDalle, aujourd'hui leader sur le marché du coffrage de dalle en France. Le petit frère de ce système de coffrage horizontal, nommé TopDalle eco, qui prend en compte l'évolution des normes mais aussi la demande accrue de sécurité, de lutte contre la pénibilité et pour lequel l'entreprise a remporté un prix. Comme gage de qualité, la firme a fait le choix de marquer tous ses produits du label « Origine France garantie ». La production industrielle (soudure, robots) est entièrement sous-traitée en France ». Enfin, l'entreprise familiale a adopté une gestion de bon père de famille, en autofinançant la moitié des investissements. Malgré la baisse de son CA en 2015 (11 millions contre 12 en 2004), la chute est maîtrisée d'après le P-dg, qui a décidé de garder tout son effectif, « pour être prêts quand à repartir quand ça va redémarrer ». Selon le dirigeant, les trois premiers mois d'activité laissent percevoir une tendance à la hausse.
(Viviers du Lac) P-dg : Alexandre Souvignet 40 salariés CA 2015 : 11 millions d'euros www.alphi.fr
L'enjeu. Pour grandir, l'entreprise familiale se lance à la conquête de marchés internationaux. Après le Qatar, Alphi vise désormais la Suisse et le Luxembourg.