Pour le dernier budget de sa mandature, le président du conseil général de la Sarthe, Jean-Marie Geveaux, peut se targuer de laisser un département dans le vert. « C'est un budget plus important que les autres années, et surtout maîtrisé », souligne l'élu. En effet, avec 639,3 millions d'euros contre 624,6 millions l'an passé, le budget 2015 du département est une nouvelle fois à la hausse. Et ce, avec des dotations de l'État en berne. Celles-ci s'élèvent en effet à 137 millions d'euros pour le prochain exercice, la collectivité devant anticiper une perte de 8,2 millions sur ce poste, après 3,3 millions sur l'exercice 2014. « Nous n'avons pas de trésor de guerre. En revanche, nous avons constitué des provisions à l'annonce de la diminution du concours de l'État au financement des collectivités territoriales », explique le président.
105 millions pour l'investissement
Le Département est également parvenu à freiner la hausse de ses dépenses de fonctionnement à moins de 3 % sur un an, tout en se désendettant à hauteur de 58 millions d'euros sur la période 2009-2014. Un redressement permettant à la collectivité de recourir à l'emprunt. Dans ces conditions, le Département va consacrer 105 millions d'euros à l'investissement. Un niveau équivalent à celui de 2014. 20,6 millions seront dédiés en 2015 aux collèges sarthois, afin d'accélérer leur rénovation et compléter le déploiement du numérique dans les établissements. 58 collèges publics devant être reliés à la fibre optique pour septembre 2015. Autre volet important de ce budget, les routes. 18,3 millions leur seront consacrés, avec un effort supplémentaire de 2,3 millions d'euros dédiés à l'entretien. Une manière pour la collectivité de montrer qu'elle a entendu l'appel des entreprises locales du BTP. 28,5 millions sont également affectés aux territoires, en soutien aux collectivités locales.
28 millions de manque à gagner
Bon élève, le conseil général déplore toutefois l'augmentation des dépenses de solidarité. 12 millions d'euros supplémentaires dans le budget 2015, dont 5 millions pour le seul RSA, financé par le Département. « Dans ce contexte, est-ce que l'on pourra encore assumer seuls la facture sociale ? », s'inquiète Jean-Marie Geveaux. Néanmoins, si le président s'apprête à laisser les clés d'une maison bien tenue, il reconnaît « naviguer à vue » face à une prochaine réforme territoriale qui n'a pas encore prévu les compétences des Départements. « Il faut avoir la foi pour préparer un avenir dont on ne sait pas de quoi il sera fait. Si nous passons sous contrôle régional, nous voulons un droit de regard sur l'économie. C'est indispensable en terme de réactivité. » Faute de certitude sur son avenir, le Département sait déjà qu'en 2015 il se débrouillera avec 8,2 millions d'euros de dotations de l'État en moins. La baisse du soutien versé à la Sarthe constituera ainsi un manque à gagner de 28 millions d'euros à l'horizon 2017.
Pour l'année 2015, le conseil général annonce une nouvelle fois un budget à la hausse.
Malgré les baisses de dotation de l'État, le Département parvient également à maintenir son niveau d'investissement.