Sart von Rohr est à nouveau en chantier. Six ans après un premier investissement immobilier qui visait notamment à offrir de nouveaux bureaux au fabricant de vannes de régulation, l'entreprise de Bitschwiller-lès-Thann réinjecte, avec le soutien d'Alsabail, 1,6 million sur son site de production. Un projet rendu nécessaire pas la forte croissance enregistrée par l'entreprise depuis sa reprise par Érick Braquet. « Depuis 2007, nous avons doublé notre chiffre d'affaires sur notre coeur de métier sur lequel nous nous sommes recentrés, à savoir la fabrication de vannes », raconte le dirigeant. Le chiffre pro forma à l'issue de ce recentrage était de 5,5 millions en 2007, il a été de 11 millions d'euros l'an dernier. Après avoir investi l'équivalent de 15 % de son chiffre d'affaires en 2012, puis encore 8 % en 2013, en particulier dans les machines et outils, l'entreprise a donc voulu se donner un peu d'air en construisant. De 3.000 mètres carrés de surface de production actuellement, elle va passer à 5.400 mètres carrés, entièrement opérationnels en novembre.
Offensive sur l'innovation
La raison de ce retournement est à trouver du côté de l'innovation. Sart von Rohr mène, sur cet item, une offensive depuis plusieurs années, à l'initiative d'Érick Braquet. « Nous consacrons 8 % de notre chiffre d'affaires à la R & D », confirme-t-il, « et l'an dernier, la commercialisation d'un nouveau produit nous a permis de générer 400.000 euros de chiffre d'affaires ». En fait, outre cette nouvelle vanne, des ventes de produits associés ont permis d'atteindre cette somme. L'enjeu est donc majeur pour l'industriel : son portefeuille de R & D compte en permanence 2 à 3 produits en développement. « Il faut un an à un an et demi pour sortir un nouveau produit, et on peut considérer que sur les trois, l'un d'entre eux ne verra pas le jour dans l'immédiat », détaille Érick Braquet. Le plan de charge du bureau d'études est programmé pour trois ans. Et le dirigeant veille : il affirme consacrer 40 % de son temps aux problématiques de R & D de son entreprise. Cet effort a été doublé d'une rationalisation des pièces produites par Sart. De 15.000 pièces différentes produites il y a encore quelques mois pour fabriquer ses vannes, il n'en reste désormais "plus que" 5.000.
La France tire l'activité
À la clé donc, une croissance enviable - qui devrait marquer une pause en 2014 - et la garantie d'une marge nette, en fin d'année, qui tourne autour de 2 %. Faible, mais elle a le mérite d'être là, d'amorcer le financement des développements... et d'autofinancer le crédit client. La France reste le marché principal de Sart von Rohr, qui compte parmi ses clients des industriels de l'agroalimentaire, de l'énergie, de la pharmacie... L'export direct n'a concerné que 14 % de l'activité et la croissance, en France (+7 %) est au-dessus de la croissance globale enregistrée par l'entreprise en 2013 (+5 %). Dans l'Hexagone, le portefeuille de clients a progressé de 16 % l'an dernier (à1.800 aujourd'hui). L'export n'est donc pas encore un axe de développement. « Il y a encore suffisamment à faire en France », confirme Érick Braquet. Ce qui ne l'empêche toutefois pas d'accompagner ses clients à l'international quand il le faut. À l'image de l'équipement en vannes d'une usine de dessalement d'eau en Arabie Saoudite. Un projet porté par Véolia qu'accompagne donc la PME de Bitschwiller-lès-Thann et qui prouve la crédibilité de cette dernière aussi bien auprès des "petits" clients que des grands donneurs d'ordres que sont Véolia, Vinci, EDF, General Electric ou Alstom. Sart VON Rohr
(Bitschwiller-lès-Thann) P-dg : Éric Braquet CA 2013 : 11M€ 70 salariés Contact : 03 89 37 79 50
équipement induStriel Le fabricant de vannes de régulation installé à Bitschwiller-lès-Thann répond à la hausse de son activité par un investissement de 1,6M€ pour adapter ses capacités de production. Une croissance que l'entreprise va chercher sur le marché français avant tout, mais en innovant.