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Saint-Malo : BG Race fait désormais aussi du "Archambault"
Saint-Malo # Industrie # Reprise

Saint-Malo : BG Race fait
désormais
aussi du "Archambault"

À Saint-Malo, Louis Burton revient sur la reprise du mythique chantier naval poitevin et les perspectives qu'il offre à sa société codirigée avec Servane Escoffier.

En liquidation, la SAS Archambault a intéressé le chantier naval BG Race (17 salariés, 2 millions d'euros de CA). À sa tête, Servane Escoffier et son compagnon Louis Burton ont repris les actifs du chantier poitevin dont les outillages, les moules... Une partie a déjà été rapatriée à Saint-Malo le mois dernier. « Archambault a joué de malchance, confie Louis Burton. Jusqu'en 2009, l'entreprise progressait et réalisait 10 millions d'euros de CA avec 120 bateaux vendus par an. Puis, elle a eu moins de demandes et un effet de ciseaux avec des investissements à amortir après l'appel d'offres du Tour de France à la voile. » Ce contrat prévoyait la construction de modèles qui n'ont finalement jamais plu. « Archambault a construit 27 bateaux M34, alors qu'ils espéraient en vendre 100 à 150 sur dix ans... Ils ont investi énormément dans ce modèle qui a été un gouffre », décrypte Louis Burton qui avait fait une offre pendant le redressement, mais irrecevable. Deux autres offres ont aussi été refusées ; tous les salariés licenciés. À Saint-Malo, le couple de skippeurs-entrepreneurs relance donc la production. Une deuxième société a été immatriculée pour scinder les activités de courses au large (BE Racing) et de construction navale (Bateaux BG Race). Leurs 1.250 m² actuels n'absorberont pas les 6.000 m² d'Archambault, mais ils devraient récupérer de la surface sur le port. « Il nous faut 1.000 m² de production et 500 m² de stockage. Il y a des possibilités de construction si nous avons beasoin de place. » Cette reprise est « une bonne opportunité de développement ». Cela leur permet de « compléter la gamme et l'outillage courant et de bien équiper l'entreprise plus rapidement que prévu. » Le but ? « Arriver à fabriquer 25 petits bateaux M7.50 et Surprise et 4 ou 5 moyens-gros A35, Tith40 et A13. Nous allons organiser notre pôle de production avec une zone pour le process en série des petits bateaux et une autre pour les grands modèles, explique Louis Burton. Notre objectif est d'arriver à un CA d'1,5 millions d'euros sur le chantier l'an prochain et autant sur l'écurie de courses au large. »




Redorer l'image

Quant à l'image de marque qui a « beaucoup souffert depuis trois ans » (surtout en France) : « Nous allons créer une rupture avec le nouveau nom Archambault by BG Race. Nous comptons aussi beaucoup sur l'international et un bon réseau de revendeurs que nous réactivons ; nous avons déjà signé en Suisse. » Le business est prévu pour 75 % en Europe (30 % sur la France) et 25 % dans le reste du monde. « Nous allons surtout appuyer, dans un premier temps, sur le Surprise (2 par mois), le A35R et le A13. Nous allons viser le marché des flottes de location et des écoles de voile. » La première coque de Surprise devrait être démoulée en novembre, pour présentation au Nautic de Paris, rendez-vous crucial. Selon Louis Burton, ce rachat a déjà généré sept créations d'emplois directs (stratifieurs, monteurs, responsable de production et ingénieur).

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