« Lorsque la Région a décidé d'attribuer un lycée à Saint-Gilles, j'ai pleuré de joie ! », raconte le président de la communauté de communes, Christophe Chabot. Au terme de trois années de bataille, l'élu et patron d'Akena Vérandas, savoure la nouvelle. D'ici la rentrée 2019 ou 2020, Saint-Gilles-Croix-de-Vie disposera d'un lycée polyvalent de 700 places en enseignement général et technologique, plus 250 pour la partie lycée pro, ainsi que d'un internat de 80 lits. Alors que les Pays de la Loire s'apprêtent à accueillir 13.000 nouveaux lycéens d'ici 2025, la Région a donné son feu vert pour la construction de quatre nouveaux établissements, à Saint-Gilles, Aizenay, Pontchâteau et Nort-sur-Erdre. Un soulagement pour les élus gillocruciens qui considéraient leur territoire comme « le plus mal loti de France ». « Aujourd'hui les lycéens vont à Challans, aux Sables ou à La Roche, explique Christophe Chabot. Les trois quarts des élèves font 2h de car chaque jour. Ma propre fille part de la maison à 6h50 et revient vers 19h30... Résultat, le taux de collégiens optant pour le lycée est inférieur de 7 % à la moyenne ». En trois ans, Saint-Gilles a réussi à faire bouger les critères de sélection de la Région, afin qu'elle tienne davantage compte du vécu de ses 1.100 jeunes expatriés. Pourtant la « com com » partait de loin. Au départ, son dossier ne fait même pas partie des projets pré-retenus. « On a fait le constat, qu'on n'avait pas été bons pour appuyer notre demande, quand d'autres collectivités harcelaient la Région », confie Christophe Chabot.
Soutien de Pierre Richard
Si Saint-Gilles a gagné son lycée « en trois ans, contre six à dix ans pour un dossier classique », elle le doit à son activisme. À la communauté de communes, on commence par rédiger un rapport listant les difficultés des élèves, transmis à la région. Avec les parents d'élèves, les élus lancent une série d'opérations médiatiques : création du site viteunlyceesurlepaysdesaintgilles.fr, page Facebook, pétition locale... Un comité de soutien prestigieux va même être monté autour de cinéastes comme Claude Lelouch, Jean-Jacques Annaud, parrain du cinéma local, de la comédienne Karine Viard, de Pierre Richard, du chanteur Hugues Aufray, d'écrivains, d'économistes... Au total, 32 personnalités liées ou pas au territoire
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Manne financière
Outre l'intérêt éducatif, l'arrivée du lycée, un projet à plus de 40 millions d'euros (financé à 100 % par la Région), représente le plus gros investissement jamais réalisé sur le territoire. Une manne financière. Pour fonctionner, l'établissement nécessitera la création de 200 emplois directs. Une bonne nouvelle aussi pour le bâtiment, sachant qu'une grande part des travaux de construction devrait revenir à des sociétés locales. « Ça va aussi attirer des familles à venir s'installer en ville et près du lycée, donc stimuler la construction d'habitations », estime Florence Brion, patronne d'une boutique de décoration et présidente de l'union des commerçants de Saint-Gilles. Prévu à côté de la gendarmerie, à un quart d'heure à pied, du centre-ville, le lycée fait l'unanimité parmi les commerçants. « Bien sûr que ça va générer du trafic, les parents qui viendront chercher leurs enfants feront des achats ici », note Florence Brion. Si l'on ajoute les projets de la piscine et du port de plaisance de Brétignolles, près de 100 millions d'euros devraient être investis ces prochaines années. La réalisation de ces ouvrages devrait donner du travail « à un millier de personnes », pronostique Christophe Chabot.
Attractivité du territoire
En attendant, l'attractivité du territoire en sort renforcée, dixit le maire de Brétignolles : « Deux groupes industriels pourraient venir s'installer au Vendéopôle. Jusqu'ici les négociations avaient achoppé notamment car il n'y avait pas de lycée pour accueillir les enfants de leurs cadres et salariés... »
INFRASTRUCTURE Un lycée de 950 places ouvrira à Saint-Gilles d'ici 2019. Les retombées estimées sont colossales, avec plus de 40M€ investis. Le projet s'est imposé à grand renfort d'actions locales et médiatiques. Pierre Richard et Karin Viard l'ont même soutenu.