L'acquisition de RSP Ingénierie à Saint-Martin du Mont dans l'Ain (CA 2015 : 2 millions d'euros ; 20 salariés) il y a quelques jours, n'est qu'une des faces émergées de l'iceberg. Car en rachetant cette petite entreprise, spécialiste de l'automatisation et notamment de l'équipement des fins de lignes robotisées, Cyrille Pontet, directeur général de Spoolex, ne fait que dérouler le plan stratégique de développement fixé l'année dernière.
Problématique marché Fruit de la fusion de trois entreprises du bassin stéphanois - Calemard (découpe et enroulage de produits souples, notamment de pneumatiques ou textiles), Decoup + (découpe par ultrasons) et Roll concept (fabrication de rouleaux techniques) -, Spoolex réalise la plus grosse partie de son chiffre d'affaires avec sa marque Calemard. Détenue par un pool d'actionnaires belges et américains, l'entreprise de Roche-la-Molière a décidé il y a deux ans d'appuyer sur l'accélérateur pour distancer la concurrence. « Nous avons souhaité développer la conception de solutions globales autour des machines Calemard. Du convoyage du produit jusqu'à l'expédition. Les clients étaient demandeurs d'automatisation pour des questions de productivité et de sécurité », indique Cyrille Pontet. « Ils achetaient les découpeuses d'un côté, le reste de l'autre et s'arrangeaient pour faire l'interface. Avec cette offre globale, ils n'ont qu'un interlocuteur ». Une première cellule (35 mètres X 20 mètres) a été vendue l'année dernière. « Mais nous avons simplement ramené le problème de l'interface chez nous. C'était à nous de nous accorder avec les sous-traitants ».
Intégration
En 2015, Spoolex s'est donc lancée, autour de cette solution globale, dans le chantier de l'intégration afin de maîtriser en interne la compétence de l'automatisation. Chantier qui commence à se concrétiser en 2016, avec un plan d'investissement de 2 millions d'euros en quatre actes. Acte I : le renforcement des équipes afin d'être en capacité d'absorber les gros projets. En 2016, le recrutement de huit personnes est planifié. Acte II : l'acquisition d'une entreprise de robotique. RSP Ingénierie, acquise mi-juin, permettra ainsi à Spoolex de gérer en interne l'automatisation de ses solutions. À terme, un seul directeur de bureau et un seul directeur général piloteront les deux entités pour une meilleure intégration. Acte III : l'extension des locaux. « Nous réalisons 90 % du chiffre à l'export. Il est impensable d'envoyer des machines sans les avoir intégralement montées et testées ici. Or, Ces cellules complètes sont très gourmandes en espace.», signale Cyrille Pontet. Spoolex va ainsi inv
estir dans un nouveau bâtiment de 1.200 m² et réaménager sa surface actuelle pour un gain total, au final, de 50 % de la surface actuelle. Le permis de construire devrait être déposé rapidement pour un bâtiment opérationnel mi-2017. « Installés sur des galeries minières, nous avons obtenu une dérogation mais la spécificité du terrain génère un surcoût de 200.000? ». Le budget n'est pas encore bouclé, à cause de ce surcoût, mais Spoolex espère un soutien des collectivités locales, Saint-Étienne Métropole ou Région notamment. Acte IV : le renforcement de la R & D avec 5 % du chiffre d'affaires investi dans le développement de nouveaux produits. Extrêmement précautionneux sur les chiffres distillés, pour ne pas trop se dévoiler à ses concurrents, Cyrille Pontet évoque néanmoins un chiffre d'affaires espéré « à terme » de 20 M?.
Spoolex
(Roche-la-Molière) DG : Cyrille Pontet 52 salariés CA 2015 : 14,5 millions d'euros www.spoolex.com