Un plateau de 330 m² comprenant un entrepôt, un studio photo et des bureaux en open space : Rue du parapluie vient d'emménager dans ses nouveaux locaux, zone intercommunale de Porh Rousse à Pontivy. Un investissement de 600 000 euros, dont la moitié est consacrée au bâtiment et l'autre dédiée à la technique (site internet, référencement...). Créée en 2013, Rue du parapluie, qui ne souhaite pas divulguer son chiffre d'affaires, s'intéresse au marché anglais. L'entreprise compte y installer dans les 18 mois un « point physique » pour distribuer sur place, élément rassurant l'internaute. « C'est une piste naturelle de croissance, explique Frédéric Champ directeur et fondateur de la TPE. On est proche géographiquement et culturellement. Le parapluie y est une tradition, internet y est un peu plus efficace qu'en France et le climat correspond avec 180 jours de pluie en moyenne pour 120 jours chez nous ! C'est l'histoire de la genèse de notre entreprise ! »
La crédibilité du crachin breton
En 2012, Frédéric Champ a vendu son entreprise de Colmar au groupe Monoprix avec deux objectifs : basculer sur internet dont les sites commerciaux connaissent une croissance annuelle de 15 % et habiter en Bretagne. « On a raisonné d'abord en termes de marketing, précise le fondateur. La pluie semble naturelle en Bretagne, donc le parapluie ! On s'appuie sur ce marketing territorial : le fait d'être basé en Bretagne nous donne une crédibilité liée à une image de spécialiste, crée de la différenciation, de l'humour aussi et nous humanise. C'est un plus sur Internet. L'argument breton a du poids pour nos clients ». Frédéric Champ a ensuite abordé l'étude d'un marché intemporel. « C'est une niche, sans évolution technologique, et qui se renouvelle : tout le monde en a besoin, ça se casse, se perd... Il y a une place pour les hyper spécialistes avec une offre à 360 degrés ».
Ainsi, Rue du Parapluie stocke en permanence 500 références de 60 marques différentes de 10 à 200 ? et des produits associés comme des ponchos, des chapeaux de pluie, des bottes. « Notre job, c'est de tout avoir en stock, confirme Frédéric Champ. Pour répondre dans un délai court à nos clients. C'est essentiel ». Récemment, Rue du Parapluie a pu expédier une centaine de parapluies par Taxi colis en une demi-journée pour la Fashion Week parisienne. Être installé à Pontivy n'est pas un obstacle. « Le centre-Bretagne est transparent pour nous du point de vue des expéditions, ni un avantage, ni un inconvénient, indique le directeur. Et on a été très bien accueilli par la pépinière d'entreprises, dans un environnement très " business friendly ", d'une façon personnalisée que l'on n'aurait pas trouvée à Vannes par exemple ».
Compétences internalisées
Avec un effectif permanent de trois personnes, cinq en fin d'année, dépendant du climat et des fêtes, Rue du Parapluie cherche aussi à se diversifier dans le domaine de l'écriture. « Avec les parapluies, nous sommes dépendants d'un phénomène climatique, explique Frédéric Champ. Il s'agit d'avoir une deuxième activité et de proposer un large éventail de stylos en utilisant encore plus notre outil logistique ». Une façon de s'inscrire dans la durée pour une entreprise qui internalise toutes les compétences, à l'inverse de nombre de sociétés sur internet.