RTE avance dans son projet de raccordement des futurs parcs éoliens flottants de Bretagne Sud. Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité ouvrira, du 17 août au 28 septembre 2026, l'enquête publique concernant les infrastructures nécessaires pour acheminer jusqu'au réseau terrestre l'électricité produite en mer.
L'opération porte sur le raccordement mutualisé de deux futurs parcs, dont le premier est développé par Pennavel. RTE sera maître d'ouvrage des infrastructures électriques permettant d'évacuer leur production.
Le dispositif est dimensionné pour une puissance cumulée pouvant atteindre 750 MW. Au cœur du système figurera notamment un poste électrique en mer d'environ 4 000 tonnes et 150 mètres de hauteur, dont 90 mètres immergés.
Des marchés industriels pour accompagner le chantier
L'intérêt économique du projet dépasse la seule production d'électricité. RTE prépare parallèlement les marchés industriels nécessaires au développement de ses infrastructures de raccordement des futurs parcs éoliens français.
Le gestionnaire de réseau a notamment confié à Eiffage un important contrat portant sur l'ingénierie, l'approvisionnement, la construction et l'installation de plateformes électriques en mer destinées à trois futurs parcs éoliens. Le montant global de ce marché dépasse 1,5 milliard d'euros.
Attention cependant : ces 1,5 milliard d'euros ne correspondent pas au seul projet Bretagne Sud. Le contrat porte sur trois infrastructures offshore. Il ne faut donc pas présenter ce montant comme l'investissement réalisé dans le Morbihan.
RTE veut générer des retombées pour les entreprises locales
Le chantier pourrait également constituer un marché pour les entreprises bretonnes.
RTE indique participer à quatre groupes de travail, dont l'un consacré à l'emploi et à la formation et copiloté par la Région Bretagne et le SGAR. L'objectif affiché est notamment d'identifier les retombées économiques locales susceptibles d'être générées par les travaux de raccordement.
Cette dimension sera particulièrement importante pour le territoire : travaux terrestres et maritimes, génie civil, logistique, prestations portuaires, ingénierie et maintenance constituent autant d'activités susceptibles d'être mobilisées lors du déploiement des infrastructures.
À ce stade, RTE ne fournit toutefois pas dans les dernières communications consultées le nombre d'emplois locaux qui pourraient être mobilisés ni le montant des marchés qui reviendrait aux entreprises bretonnes.
Une étape réglementaire avant les travaux
L'enquête publique organisée à partir du 17 août porte sur le projet de raccordement mutualisé et sera accompagnée d'une enquête parcellaire. Elle doit se poursuivre jusqu'au 28 septembre à 17 h 30.
Cette étape doit notamment permettre de présenter le tracé retenu et les différentes infrastructures nécessaires à l'acheminement de l'électricité.
Pour RTE, le projet Bretagne Sud constitue l'un des grands chantiers accompagnant le développement industriel de l'éolien flottant français. L'enjeu économique sera désormais de mesurer la valeur des marchés générés par le raccordement et la part qui pourra bénéficier aux entreprises et aux emplois bretons.