La RSE est un concept très en vogue. Un must qui permet aux grandes entreprises d'améliorer leurs organisations, tout autant que de valoriser leur image auprès de leurs salariés, de leurs partenaires et de leurs clients. Mais qu'en est-il des PME-PMI? Ont-elles le temps, les moyens et l'intérêt de se lancer dans cette démarche de recherche des bonnes pratiques?
«Tout passe par les PME» «Bien sûr!», répond avec force Philippe Vasseur, président du World Forum Lille qui a réuni le mois dernier à Lille, pendant trois jours, les représentants de grandes entreprises, de cabinets de conseil en développement durable, d'ONG et de mouvements patronaux issus des cinq continents. «Les multinationales ne représentent que 3% des emplois. Tout passe par les PME: nous les avons donc invitées à venir témoigner en masse sur leurs pratiques dans le domaine de la RSE, poursuit Philippe Vasseur. À l'occasion de ce forum, nous signons d'ailleurs un accord avec la CGPME pour favoriser l'introduction de la RSE dans les PME-PMI. Et nous allons présenter au public le premier baromètre régional de la RSE, mis au point par le réseau Alliances, fruit d'une enquête menée auprès de 850 entreprises du Nord-Pas-de-Calais.» (lire aussi ci-dessous).
Management participatifchez CVP à Linselles
Deux entreprises régionales lauréates des Trophées de l'économie responsable 2011 témoignent de leurs démarches RSE. CVP, à Linselles, emploie 20 salariés. La société est spécialisée dans la distribution d'emballages plastiques. Depuis 1998, elle apporte des solutions anticipatrices en packaging. «Seuls des produits écologiques sont proposés à nos clients et tous nos produits ont leur solution de valorisation en fin de vie», explique Jean-Michel Lehembre, président de CVP. Par ailleurs, le poids de ses emballages a diminué de 10% et l'empreinte carbone a baissé de 8%. Cette mutation a engagé toute l'entreprise dans une démarche de performance globale: le management devient participatif, les salariés sont de véritables parties prenantes. «En comité de direction, une personne égale une voix, quelle que soit sa part de capital, explique le P-dg. Et tout salarié peut être amené à participer aux comités de pilotage transversaux. Là aussi, une personne égale une voix et les décisions sont prises à la majorité.»
Locaux écolos chez Pocheco
À Forest-sur-Marque, Pocheco emploie 100 salariés. Elle produit l'Ecoveloppe, une enveloppe de gestion 100% biodégradable, éco-conçue à partir de papier plus léger, non blanchi et issu de forêts gérées durablement. Les encres et colles sont à base d'eau, sans solvant. Pocheco a aussi fait le choix des écoprocess: la chaleur des machines est récupérée pour chauffer l'atelier, les eaux usées sont dépolluées par des bambous. Le site industriel datant de 1850 a fait l'objet d'une écorénovation avec panneaux photovoltaïques, ruches sur toiture végétale, climatisation naturelle, éclairage par puits de lumière, récupération des eaux de pluie. «Cela a coûté trois millions d'euros, explique Elizabeth Dinsdale, responsable marketing. Mais avec 100.000euros d'économie d'énergie par an et 100.000euros d'énergie revendus chaque année, l'investissement est amorti sur quinze ans.» Et depuis trois ans, le bilan carbone de Pocheco a baissé de 10%.
Les bonnes pratiques liées à la Responsabilité sociale et environnementale, la fameuse «RSE», ne sont pas l'apanage des grandes entreprises. Démonstration.