Robertet : La maison mère tirée par l'international

Robertet : La maison mère tirée par l'international

Robertet, spécialiste grassois des arômes, a traversé une année 2009 difficile, soldée par un chiffre d'affaires stagnant. Pour la première fois de l'histoire du groupe centenaire, ce sont les filiales étrangères qui tiennent la société familiale à flot. Lucie Lautrédou

Grasse, capitale des parfums et des arômes. Lové dans le creux de ses collines bat le coeur d'un géant des produits aromatiques: Robertet. Mais si le centre névralgique du groupe est ancré dans les Alpes-Maritimes, il a semé ses graines dans le monde entier. La famille Maubert, aux commandes depuis quatre générations, a eu du nez. Cette stratégie de développement vient en effet de permettre à la société de sortir d'une année 2009 au goût amer avec un chiffre d'affaires en très légère hausse, relevé par les filiales étrangères.




85% de l'activité hors des frontières françaises

«Pour la première fois de notre histoire, la notion de groupe prend toute son importance», apprécie Philippe Maubert, P-dg de la SA. «Historiquement, c'est la maison mère qui tirait le groupe, développe le quinquagénaire, mais si nous nous en sortons cette année, c'est parce que ce que nous avons fait depuis des années a porté ses fruits.» Ce qu'a fait Robertet depuis des années, c'est développer son activité tout autour du globe: acquisition d'entreprises aux États-Unis, ouverture d'usines en Asie, création de sociétés en Amérique Latine, d'unités technico-commerciales au Japon, en Suisse... Résultat: 85% de l'activité du groupe grassois est aujourd'hui réalisée hors des frontières françaises. Diversité géographique mais aussi technique, puisque l'activité se divise en trois branches: matières premières, parfumerie et arômes alimentaires. «L'avantage lorsque l'on est tellement diversifié, c'est que c'est rare que tout aille mal en même temps», philosophe le P-dg.




Croissance de plus de 15% pour Robertet USA

Cette année, ce qui allait mal, c'est le secteur du luxe. Et justement, la branche luxe et parfumerie fine, c'est la petite spécialité de Grasse. Conséquence, la crise a frappé de plein fouet le berceau du groupe spécialisé dans la conception, la production et la commercialisation de produits aromatiques. À l'arrivée, le chiffre d'affaires 2009 de la maison mère s'est établi à 45,9M€ en 2009, soit une baisse de 12%. Mais après un «très bon dernier trimestre», savoure Philippe Maubert, le groupe a clôturé ses comptes sur une hausse de 0,7%, avec un CA de 305M€. «La partie arôme aux États-Unis a une fois de plus été le point fort», explique le gérant, qui travaille notamment avec un géant des boissons américain. Foyer de croissance du groupe, Robertet USA a enregistré une croissance de son activité plus de 15% en 2009. Le revers de la médaille, c'est qu'aujourd'hui 65% des facturations du groupe sont passées en dollar. Or, le billet vert n'est pas ce qu'il y a de plus constant ces derniers temps, et chacune de ses variations a un impact l'entreprise grassoise.




«Nous nous refusons à toutes prévisions

» Conséquence des fluctuations de la monnaie américaine et de la crise, «depuis deux ou trois ans, nous nous refusons à toutes prévisionsen terme d'activité et chiffre d'affaires», admet Philippe Maubert. Il s'autorise tout de même à prévoir un très bon premier trimestre 2010, mais signe de reprise ou remise à niveau des stocks de ses clients, le P-dg refuse de lire l'avenir dans les lignes de ses carnets de commandes. Une relance de l'activité serait pourtant la bienvenue, après que l'entreprise ait investi plus de 100M€ en 4ans pour améliorer sa productivité à Grasse et à l'international, pour redonner confiance aux investisseurs. Le cours de l'action Robertet a en effet perdu plus de 8 points entre le 1erjanvier 2010 et la fin du mois de février.