Robatel : Un premier marché en Australie
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Robatel : Un premier marché en Australie

Nucléaire Spécialisée dans l'étude,la conception et la fabrication d'équipements pour l'industrie nucléaire, Robatel, à Genas, mise sur le grand exportpour développer son activité de niche.Les États-Unis et l'Australie sontses premiers contacts.

«La commande d'une chaîne blindée pour un opérateur australien conclue en début d'année est de plusieurs millions d'euros, commente Dominique Sanchette, président du conseil d'administration de Robatel, à Genas. Nous avons gagné ce marché grâce au bouche-à-oreille. Les Australiens avaient visité des installations nucléaires européennes équipées de nos technologies, c'est comme cela que nous avons pu remporter l'appel d'offres face à des Américains, des Anglais, des Italiens...» L'étude et la fabrication de cet équipement se feront sur le site Robatel de La Hague et le montage en Australie. Le projet, qui débute en avril, prendra fin en juin2013. Il illustre le savoir-faire acquis par l'entreprise depuis les années 60 dans le domaine de l'industrie nucléaire. Elle entend aujourd'hui accélérer son déploiement à l'international. «C'est une entreprise familiale qui a des moyens limités, donc qui procède plutôt par croissance interne. C'est plus long», consent le président. Robatel Technologies a ouvert ses portes aux États-Unis en janvier2009, avec un investissement de 400.000€. «C'est une filiale commerciale pour le moment mais elle sera dotée de moyens d'études et de recherche comme les autres sites du groupe. Par contre, la production sera conservée à Genas et en France.» Dominique Sanchette évoque de gros projets américains sur le point de se conclure, notamment pour la conception d'emballages spéciaux et de chaînes blindées. «En 2012, notre activité aux États-Unis devrait être de 2 à 3% maximum de notre chiffre d'affaires mais dès 2013, avec les projets en cours, elle dépassera les 10%.» En 2011, c'est avec Iter que Robatel a conclu ses premières missions aux États-Unis, «alors que nous n'avons pas eu de marché en France avec Iter», déplore Dominique Sanchette.




Maîtriser la chaîne complète

La priorité reste les États-Unis. Mais Robatel a aussi un pied en Chine avec un représentant local et est en contact avec des entités japonaises. «S'il y a eu une pause après Fukushima, les projets de centrales, notamment en Chine, sont repartis, constate le président du groupe. Les pays en voie de développement ont de forts besoins en énergie qui passent par le nucléaire. Il y a un marché à l'international.» Positionnée sur un secteur de niche, l'entreprise familiale fondée en 1830 s'est spécialisée sur le marché du nucléaire dans les années 60. Depuis, elle évolue sur quatre métiers: la conception d'emballages pour le transport de matières nucléaires, radioactives, des déchets ou des combustibles (40% du chiffre d'affaires en 2011), la création de cellules blindées pour la production de radioéléments ou pour mener des recherches (25% de l'activité), la fabrication de protections contre les rayonnements comme des murs, des plafonds, des planchers, des poutres, dans les centrales nucléaires mais surtout dans les centres de recherche (20%) et, enfin, la conception d'équipements pour le traitement des déchets nucléaires, comme des blocs de béton (15%). «La part du chiffre d'affaires entre ces activités évolue chaque année, précise le dirigeant. Notre force est de maîtriser la chaîne complète avec les études, la conception et la fabrication au service de l'industrie nucléaire.» En France, 60% de son activité se font auprès de trois donneurs d'ordres: EDF, le producteur d'énergie nucléaire, le CEA, le centre de recherche, et Areva, le détenteur de centrales mais aussi d'usines de retraitement ou de fabrication de combustibles. «Nous visons cette même typologie de clients à l'international», commente Dominique Sanchette.




Dix brevets

Côté recherche, l'entreprise familiale dont les membres de la famille Robatel sont toujours actifs dans la stratégie et les processus de décision, investit 200 à 300.000€ chaque année dans la conception de nouveaux produits. «Nous employons une dizaine d'ingénieurs diplômés dont 50% font de la R & D sur les emballages. Nous exploitons une dizaine de brevets.» Trois ont été déposés récemment et sont en attente de validation.

Robatel



(Genas) Président: Dominique Sanchette Chiffre d'affaires 2011: 16millions d'euros


120 salariés, dont 60 à Genas @email

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