« Il y a encore cinq ans, les cadres représentaient 10 % de l'effectif de l'entreprise. Aujourd'hui, ils pèsent pour un tiers ! Avant, j'étais le seul à parler anglais. Désormais, 40 % de mes équipes pratiquent cette langue couramment ». Dominique Richard est le directeur général de l'entreprise familiale Richard Frères, spécialisée dans les orthèses médicales et entrée en 2000 dans le groupe austro-allemand Lohmann Rauscher (5 000 salariés ; CA : 500 millions d'euros).
De la production à la R&D
La PME de Saint-Genest-Lerpt doit cette évolution du profil de ses salariés à une mutation progressive mais profonde engagée il y a plus de dix ans. Au fil des années, Richard Frères a fait monter en puissance sa R&D jusqu'à devenir récemment le centre de compétences de Lohmann Rauscher en matière d'orthèses. Elle investit aujourd'hui 8 % de son chiffre d'affaires dans l'innovation et compte bien encore accélérer. « Nous entrons désormais dans la phase 2. Avant 2012, le service recherche et développement était plus informel. Depuis cinq ans, il est structuré et staffé. Et si jusqu'à présent, nous faisions essentiellement du renouvellement de produits, aujourd'hui, avec une équipe mature et expérimentée, nous pouvons faire de l'innovation de rupture, réfléchir à la conception de produits vraiment nouveaux ». La R&D est financée par le groupe, par le Crédit Impôt recherche, par des contrats avec des industriels et par l'activité traditionnelle de Richard Frères.
Évolution du management
Pour accompagner cette mutation industrielle, Dominique Richard a dû faire évoluer son mode de management. « Il est beaucoup plus difficile de fidéliser cette population de cadres que les ouvriers. J'ai complètement revu ma façon de fonctionner. Aujourd'hui, je fais participer les salariés aux prises de décision. Nous sommes sur du management by objectives. J'estime qu'il vaut mieux donner une responsabilité à chacun, même si elle est petite, que de concentrer les pouvoirs. C'est beaucoup plus productif ». Dominique Richard reconnaît néanmoins : « Je suis probablement encore un peu trop dans le rôle du patron familial. Il est difficile de se détacher de ses habitudes... ».