Rhône : Cette jeune pousse pourrait faire rentrer des capitaux étrangers
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Rhône : Cette jeune pousse pourrait faire rentrer des capitaux étrangers

PROCÉDÉS. La Spin-off née en 2009 est prête à déployer tout son potentiel aux États-Unis et en Europe. Son dirigeant veut lever 2 millions d'euros d'ici l'été. Et examine toutes les propositions qui s'offrent à lui pour assurer un développement pérenne à SmartINST.

Ce globe est unique au monde. Ses inventeurs, deux copains de 57 ans chacun, se sont lancés dans cette aventure entrepreneuriale en 2009. L'un, le chercheur Jean-François Pinton aujourd'hui Président de l'ENS, avait mis au point un objet métronique, utilisé pour rendre compte du mouvement des plaques tectoniques.
L'autre, Christophe Graffin, était alors DG de Sonepar. Depuis, le projet a grandi et a donné naissance à une SAS d'une douzaine de collaborateurs.
Leur invention ? Une simple sphère de la taille d'une grosse bille. Protégée par trois brevets elle peut, lorsqu'elle est plongée au coeur des mélanges industriels, renvoyer pendant 400 heures une mesure telle que le taux d'agitation, la conductivité, le Ph, la pression partielle ou encore la turbidité tous les quatre cinquième de seconde. Cet objet connecté par de la radiofréquence est tout à la fois un ordinateur, une batterie, un système de mesure, un concentré de capteurs et un émetteur-récepteur radio. Après 7 ans de développement dans une spin-off CNRS-ENS, ce qui ressemblerait presque à un globe oculaire résiste à une température de 85º et à des chocs d'hélice tournant à 450 tours/minute. Chimie, cosmétologie, alimentaire, pharmacie ou biotech... Les débouchés sont multiples. Concrètement, l'outil peut permettre d'aider le client à observer la transformation du produit, à changer l'échelle de production, accroître les rendements en stoppant les procédés à l'instant idéal...

Consommable jetable
Rien n'a été laissé au hasard dans le développement de ce produit. Seule inconnue : le financement. Car les capitaux de cette pépite technologique Made in Lyon, qui a bénéficié de l'aide de Créalys, Novacité et des fonds de Crédit Agricole Création pourraient bien devenir étrangers. Le président Graffin, ancien pilote d'un groupe pesant 17Md€, qui a vécu à Hongkong et aux États-Unis cherche des fonds et n'exclut pas l'éventualité de faire rentrer des capitaux extraterritoriaux. Il cherche deux millions d'euros précisément, entre capital-risque et capital développement, pour lancer son bijou en Europe et Outre-Atlantique. « Je rencontre plusieurs interlocuteurs, je discute.
Pour le moment rien n'est acté, nous cherchons des partenaires capables de nous accompagner sur la durée. Et si les meilleurs ne sont pas français, tant pis ». Ces deux millions d'euros il doit les trouver avant l'été pour lancer l'implantation aux US et répondre à des demandes formulées par des industriels de Boston. « Nos premiers équipements arriveront sur place cet été » annonce le dirigeant, qui ne souhaite pas perdre de temps.
Et pour cause : la technologie de SmartINST répond précisément aux demandes formulées par la Food & Drug Administration, qui cherche un prestataire pour contrôler les produits agroalimentaires et médicamenteux depuis la base de la fabrication et non plus en sortie de chaîne. Christophe Graffin déploie toute son énergie pour lancer l'innovation à Boston. « Notre produit permet de répondre pleinement à la directive PAT que vise à mettre en place la FDA. Nous avons des chances très solides de décrocher ce marché ». Il a dépêché un consultant sur place, qui consacre 100 % de son temps pour trouver le meilleur site d'implantation. Le Président de SmartINST devrait aussi faire appel à un représentant lyonnais de French Tech Hub.

Distributeur lyonnais
« Aux États-Unis, nous allons concentrer nos forces sur le marché de la Biotech. Notre chance est d'avoir déjà été sollicités par Sanofi Pasteur pour suivre un procédé de fabrication dans le cadre du projet PatVax ». Pour l'Europe, « nous pouvons nous permettre d'aller sur plusieurs types de marché ». SmartINST déploie en effet une stratégie pour couvrir tous les pays à travers l'entrée par la métrologie et l'autre par les procédés.
Le dirigeant table sur deux distributeurs par pays. « Nous sommes en cours de signature pour la Suisse et la Belgique, nous avons un consultant pour la Hollande, l'Allemagne et les pays nordiques » ajoute-t-il. En France, l'homme rodé à ce type de négociation a sélectionné plusieurs distributeurs dont le Lyonnais Poliflux. À terme, l'entreprise pourrait également se tourner vers un développement en BtoC, mais pas avant plusieurs années. D'ici là, les ventes en BtoB devraient avoir atteint plusieurs dizaines de millions d'euros...si le marché US est gagné précise Christophe Graffin.

SmartINST


(Lyon) Pdt : Christophe Graffin 12 ETP CA 2015 : 150.000€ @email

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