« Aujourd'hui, la concurrence est accrue et ce qui compte c'est la vitesse. C'est bien beau d'avoir une communication physique mais l'on ne peut pas passer outre la digitalisation, l'ubérisation de notre activité », lance Guillaume Pâris De Bollardière, directeur associé de Biodegr'ad.
Spécialisée dans le marquage au sol publicitaire par projection d'eau à travers un pochoir (clean tag) ou par peinture à la craie (clay tag), la jeune start-up lyonnaise travaille actuellement sur un projet de digitalisation de son offre. « L'idée est de créer un outil à destination de nos clients et prescripteurs, qui va leur permettre d'optimiser eux-mêmes leur communication », livre sans plus de détails Guillaume Pâris De Bollardière, qui prévoit avec ses associés Tanguy Bard De Coutance et Emeric Mouillot d'investir 100.000 € sur trois ans dans ce projet.
De l'agence street marketing à la régie publicitaire
Cet outil, qui devrait voir le jour d'ici à la fin de l'année « pour une commercialisation début 2016 », s'inscrit dans la continuité du virage stratégique amorcée par Biodegr'ad en 2013. « Nous sommes passés du statut d'agence de street marketing à celui de régie publicitaire en structurant une offre commerciale à destination des annonceurs. Pour ce faire, nous avons sélectionné des emplacements compatibles avec notre technique et qui génèrent une audience chiffrée. Nous avons segmenté tout ça en créant à la manière de Decaux des réseaux par affinité », explique le directeur associé.
Fort d'un réseau de plus de 100.000 emplacements dans l'Hexagone et d'une présence logistique dans six grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes et Metz), Biodegr'ad a réussi son pari. « On va dépasser les 200.000 € de chiffre d'affaires sur 2015, contre 120.000 € en 2014 », illustre Guillaume Pâris De Bollardière.
Outre la croissance de son activité, la jeune entreprise, créée en 2012, a résolu sa problématique de rentabilité. « Il était difficile de rentabiliser une opération avec du one shot. Grâce à la régie nous répercutons sur nos clients ce que nous a coûté le repérage et le testing d'un emplacement. Et puis, nos clients et les collectivités qui nous autorisent à utiliser l'espace public étaient aussi demandeurs de professionnalisme. Nos clients voulaient aussi savoir dans quoi ils investissaient. C'est désormais le cas avec la mesure de l'audience », argumente le dirigeant.
Avec la digitalisation de son offre commerciale physique, Biodegr'ad devrait encore gagner en professionnalisme et en rentabilité. « Avec la digitalisation, on espère atteindre au moins 500.000 € de chiffre d'affaires sous trois ans », conclut le directeur associé.
Biodegr'ad
(Lyon)
Dirigeants : Guillaume Pâris De Bollardière, Tanguy Bard de Coutance et Emeric Mouillot
CA 2014 : 120.000 €
5 salariés
www.biodegrad.com
Passé du statut d'agence street marketing à celui de régie publicitaire, le spécialiste du clean tag met aujourd'hui le cap sur la digitalisation.