Visages de l'entrepreneuriat régional, ils se sont lancés aux alentours de 2007, année du lancement de notre titre. Dans notre premier numéro, nous avions mis en avant ces «leaders de demain». Ils ont passé le cap des cinq ans. Où en sont-ils aujourd'hui? Beaucoup ont développé leur concept, d'autres ont revendu leur société, d'autres encore ont essaimé...
Ils ont essaimé leur concept En créant Caval'Kid à Valenciennes, Cécile Masson songeait déjà à multiplier ses aires de jeux indoor pour enfants dans la région, voire toute la France. Ce fut chose faite l'an passé avec l'ouverture d'un deuxième centre à Saint-Amand-les-Eaux levant 600K€ et réinvestissant 50K€ à Valenciennes. Elle a dû en revanche faire une croix sur Cambrai, mais n'exclut pas d'autres ouvertures prochaines. L'autre aire de jeux régionale Récréakid historiquement implantée à Englos, à deux pas du centre commercial, compte désormais un Récréakid 2 à Lens. Fréderic et Sophie Letot, créateurs du concept, ont opté pour une franchise que gère Marie-Line Salomé. Cette ancienne cadre en télémarketing a investi près de 400K€ pour cette implantation lensoise. Elle table sur 350K€ pour son premier exercice. De leur côté, Frédéric et Sophie Letot gardent comme objectif d'avoir une dizaine de franchises sous cinq ans. Le restaurant Tomate Cerise d'Arras a dupliqué son modèle dans la métropole lilloise, à Wambrechies tout en se dotant d'une cuisine centrale sur Actiparc à Arras. L'enseigne pèse à ce jour 5,5M€ et emploie quelque 80salariés. Désormais, les visées de Stéphane Barbry
sont tournées vers Noyelles-Godault. «Après deux ans et demi de négociation c'est quasiment fait. Je suis aussi à la recherche d'un autre emplacement à Lille.» Sa feuille de route s'écrira ensuite vers Reims et Amiens à l'horizon 2014. D'Arques à Sainte-Catherine Les Arras, le magasin de décoration Secret d'intérieur a essaimé en cinq ans. Créé par Marc et Françoise Coulon, ce concept associe boutique et coaching déco. «
Si l'aventure de la création était à refaire nous la referions.
Notre entreprise a grandi avec la crise. C'est une donne qui nous a beaucoup appris», témoignent les deux anciens cadres d'Arc International. Trois ans après s'être lancés, ils ont initié une franchise près d'Arras. «Nous maîtrisions notre concept et avions trouvé la bonne personne.». Une seconde franchise se bâtit mais chut Secret d'Intérieur.
Ils ont cédé leur entreprise
A l'origine du concept de lavage auto sans eau Sineo, parti de rien à Lille, Olivier Desurmont a développé sa société au point d'atteindre aujourd'hui dix millions d'euros et plus de 400salariés dans 40centres. En 2009, il a fait entrer à son capital le groupe Mobivia (Norauto), «aux valeurs humaines identiques» et aujourd'hui majoritaire. Olivier Desurmont qui a quitté «sa» société l'été dernier, en détient toujours 20% mais prépare sa sortie définitive non sans fierté. Cet homme de réseaux étudie plusieurs pistes pour rebondir. «Le deuil n'est pas compliqué, je ne voulais pas être patron de Sinéo toute ma vie même si ça restera toujours mon bébé», sourit celui qui se voit «plus développeur que gestionnaire». Désormais identifié comme porteur de projet à fort potentiel, il est perçu comme «quelqu'un qui est capable d'amener une entreprise de zéro à dix millions en quelques années».
Ils commencent à essaimer Lancé à Villeneuve-d'Ascq par Bertrand Delgrange, le concept de jeux d'aventure indoor InQuest vient de franchir le seuil des 100.000visiteurs. Il a réalisé près de deux millions d'euros de CA. Sur 5ans, il a investi 2,9M€ (hors immobilier). Son modèle éprouvé, l'entrepreneur prépare sa deuxième implantation. Ce sera en région parisienne à Sénart (77). Le permis de construire obtenu, l'ouverture est prévue fin 2012. Un troisième est déjà envisagé à l'ouest de Paris. Son ambition : «faire vivre un réseau» de 30 InQuest. «Nous sommes dans une phase charnière pour passer du "un" au multiple», confie Bertrand Delgrange, associé à Michel Leclercq, fondateur de Décathlon. Son fils Matthieu a quant à lui créé La Ferme du Sart à Villeneuve-d'Ascq. Autre concept, autre essaimage en cours: il vient d'ouvrir son deuxième point de vente à Avelin. Un troisième est dans les tuyaux.
Ils ont stabilisé leur projet À Brebières, Arnaud Dorne et Cédric Carneau, aujourd'hui 32 et 30 ans, sont toujours à l'oeuvre au sein de leur garage Auto Nome. Toutefois, leur concept a un peu changé. «Nous proposions à nos clients qu'ils louent un pont et fassent eux-mêmes leur réparation en suivant nos conseils. Aujourd'hui, les choses doivent aller vite et les gens manquent de temps», explique Cédric Carneau. Le duo s'est donc tourné vers une activité de garage traditionnel. À une différence près: l'équipe s'est étoffée avec l'arrivée d'une personne à l'accueil et d'un apprenti. «Ces recrutements nous ont permis de gagner une nouvelle clientèle», poursuit Cédric Carneau. Ce faisant, les deux garagistes espèrent porter leur CA de 154 à 200K€ pour l'exercice en cours. Ils ont aussi le souhait de devenir propriétaires de leur propre garage d'ici à trois ans.
Ils ont fermé leurs portes
Derrière Jean-Pierre Bertrand, l'un des porte-parole des ex-Métaleurop, ils étaient six à avoir monter une Scop Activ-Coeur Environnement à Noyelles-Godault. Cette entreprise avait développé une expertise suite au démantèlement de
leur ancien outil de travail.
Cette Scop avait permis la création de quatre sociétés et la reprise d'une chaudronnerie de Boulogne-sur-Mer. A Samer, Véronique Jestin, brasseur et créatrice de Terre de Brume a cessé son activité en janvier 2011. Le relais a depuis été pris par Nicolas Barbieux qui brasse sur place la Silviacus.
S.Mahias et G.Bertrande «Si l'aventure de la création était à refaire nous la referions.»
En 2007, nous avions mis en avant dans nos colonnes les «leaders de demain», ces graines d'entrepreneurs pleins d'avenir aux projets parfois un peu fous. Cinq ans plus tard, où en sont-ils? Comment ont-ils développé leur business? Tour d'horizon.