Les nouvelles générations sont très attentives aux modalités de formations et aux idées novatrices, avec en réponse des formations parfois étonnantes. Vincent Delourmel, illusionniste à Rennes, use de son art pour proposer ainsi des formations sur la mémoire: récupérer des informations comme un discours, des noms, ou encore mémoriser un document. Le Théâtre du Chaos de Tours invite les stagiaires à monter sur les planches pour prévenir les risques psychosociaux en entreprise et apprendre à gérer le stress. HEC Paris Le Château organise pour sa part une université d'été avec séances de relaxation et réveil énergétique...
Décloisonner par les réseaux sociaux
«Aujourd'hui, la puissance pédagogique du formateur est nécessaire, mais il a besoin d'outils modernes pour rendre vivants les messages qu'il veut faire passer», constate Jean-Robert Geoffroy, directeur général de l'Adria, institut technique de formation dans l'agroalimentaire basé à Quimper. Le centre breton a ainsi conçu des outils pédagogiques comme le "Jeu des 5M", qui met en compétition des équipes à partir de films, vidéos ou photos. Et affiche les scores. L'Adria a aussi mis en place une plateforme collaborative qu'elle alimente de différents outils de formation reliés aux réseaux sociaux. «Ces derniers font partie des ouvertures de la formation, qui est aujourd'hui décloisonnée et doit être en accès rapide, considère Jean-Robert Geoffroy. On peut ainsi travailler en centre ou dans l'entreprise, mais aussi chez soi, dans les transports... Il est possible de se former à quelque chose en une heure, ce qui, au passage, permet d'avoir une attention importante et réduit les déplacements, souvent lourds. Les clients prennent des granules de formation.»
«Donner enviecomme pour un séminaire»
Stéphane Waller, fondateur de Meltis, à Toulouse, joue à fond la tendance ludique pour renforcer l'efficacité professionnelle. «Nous avons pris les ficelles du séminaire, qui attire plus les salariés, pour les adapter à la formation et donner envie.»
Escalade, musique et sushis
Tout est ici basé sur la pratique. «Pour entraîner nos stagiaires à recadrer des salariés, on leur met par exemple la pression comme pour un prime-time, en leur disant qu'ils ne peuvent pas se rater.» Autre technique: visionner des bêtisiers de films pour étudier les situations à ne pas reproduire. «Nous utilisons aussi les détours comme la voile, la musique, l'escalade, la cuisine pour former», explique Stéphane Waller. Toutes ces disciplines ont des organisations assez comparables à celles d'une entreprise: vendre une idée, persuader, gérer une équipe,etc. Cela permet de plonger les stagiaires dans un autre monde.» Exemple côté cuisine: apprendre, en équipes, à gérer son temps et les tensions en confectionnant un repas gastronomique ou des sushis. «La formation est un laboratoire. Le chef d'entreprise a tout à gagner. En plus d'avoir formé ses salariés, il leur aura permis de reprendre goût à leur métier», considère Stéphane Waller.
Si les salariés attendent des formations qu'elles leur apportent des compétences supplémentaires, ils sont aussi exigeants sur les modalités. Quelques idées pour les séduire...