Le Centre d’Études et de Recherche de Grenoble (CERG) qui emploie 31 salariés (5M € de CA en 2024) amorce un nouveau virage de son histoire. Cette ancienne filiale d’Alstom créée en 1962 et spécialisée dans les essais en mécanique des fluides vient d’être rachetée par son jeune directeur général Jordan Lasserre, aux côtés d’une équipe de 7 autres salariés. La société avait pris son indépendance d’Alstom en 2007 après avoir été rachetée par trois investisseurs individuels.
"Cela fait bientôt trois ans que nous travaillons sur la transmission opérationnelle de l’entreprise. Les anciens actionnaires approchaient de la retraite et avaient envie de sortir du CERG", explique Jordan Lasserre. Le directeur général, âgé de 33 ans possède désormais 51 % du capital tandis que les 7 autres salariés détiennent un peu plus de 24,5 % de l’entreprise. Enfin, Luc Cauquil, ancien dirigeant de l'entreprise conserve 24,5 % dans le CERG. "Notre objectif est d’intégrer progressivement la totalité des salariés au capital. Cette reprise est pour nous une façon de pérenniser l’entreprise et de conserver son indépendance", poursuit Jordan Lasserre. Si le montant du rachat n’a pas été dévoilé, il a été opéré par LBO auprès du CIC et de Crédit Agricole Sud AURA.
Un centre d’ingénierie spécialisé dans les essais
Le site d’un peu plus d’un hectare comprend 4 000 m² de laboratoire et une centaine de bancs d’essais, destinés à caractériser les équipements des industriels des secteurs de l’énergie, du nucléaire, ou du militaire.
"Nous nous positionnons en support des équipementiers et exploitants en conduisant des essais sur deux niveaux : en mécanique des fluides afin de tester des matériels, type pompes, vannes, filtres, échangeurs ou turbines. Et sur des sujets connexes à l’hydraulique tels que des essais de chocs, d’endurance ou de discrétion acoustique", explique encore Jordan Lasserre. Si 80 % de l’activité du CERG est une activité de service, la société conçoit et fabrique également des moyens d’essai pour ses clients, qui sont en grande majorité français.
"Bien que nous soyons une petite structure, nous sommes parvenus à conserver une expertise que de nombreux grands groupes ont perdue"
La société, qui signe 60 à 80 affaires par an a plutôt bien résisté à la période Covid. Ce qui lui a permis d’embaucher 7 nouvelles personnes l’an dernier. "Nous connaissons une activité à peu près constante depuis 5 ou 6 ans. Et bien que nous soyons une petite structure, nous sommes parvenus à conserver une expertise que de nombreux grands groupes ont perdue", explique encore Jordan Lasserre.
Un nouveau bâtiment dédié au nucléaire civil
Dans ce contexte porteur, le CERG vient d’investir un million d’euros dans la construction d’un nouveau bâtiment dédié au marché du nucléaire civil. Cet outil de pointe sera principalement consacré à la caractérisation des pompes de lubrification des paliers de turbines Arabelle, un élément clef du fonctionnement des réacteurs nucléaires de nouvelle génération. "Le nucléaire civil et militaire représente 80 % de notre chiffre d’affaires, explique le dirigeant. Cet investissement va dans le sens de la volonté de l’État de garantir notre souveraineté nationale en la matière".
Les turbines Arabelle, technologie appartenant à Arabelle Solutions ont été rachetées par EDF auprès de General Electric en 2024 et servent à convertir la vapeur produite par le réacteur en électricité. "Notre nouveau banc d’essai est prêt et nous attendons désormais que le client livre ses premières pompes, au début du second trimestre 2025. Ces pompes feront l’objet de tests approfondis sur notre site", termine le dirigeant.