L'emploi est au coeur des préoccupations du syndicat CFE-CGC d'Orange. Pour son président national Sébastien Crozier, qui a entamé un tour de France avec étape à Rennes le 15 décembre, « la baisse soutenue des effectifs » représente une perte de 7.000 postes chaque année en France ; en solde net, puisque 1 500 à 2 000 embauches compenseraient autant de départs naturels de type démissions, retraites...
« L'emploi trinque ! »
En cause notamment : la baisse des prix, et donc des marges, de l'opérateur chahuté par la concurrence. Cette perte se traduirait à Rennes par un solde de 390 emplois en moins sur trois ans et - 21 % entre 2014 et 2019 sur l'Ille-et-Vilaine qui compte 4 390 salariés à ce jour. Autre combat de la CFE-CGC : compenser un déséquilibre des effectifs entre Paris et la province en redéployant en régions des emplois parisiens, notamment des centres d'appels. Selon le syndicat, un quart des 35 000 salariés parisiens d'Orange serait prêt à cette mobilité synonyme de meilleure qualité de vie. « Relocalisons l'emploi en région ! Il s'agit d'un vrai enjeu d'aménagement du territoire.
La direction commence à prendre conscience que 40 % des effectifs seront en Ile-de-France demain, alors que l'Ile-de-France représente 20 % de la population... » Des effectifs parisiens qui viennent d'être gonflés au passage par le rachat de Groupama Banque. Pas assez ambitieux non plus, aux yeux du leader syndical, le projet C3 de nouveau campus Orange à Rennes-Cesson annoncé fin novembre pour regrouper 835 salariés de quatre sites (45 millions d'euros investis) : « Nous nous battons pour relocaliser 1 000 emplois dans le bassin rennais... Nous sommes choqués par le manque d'ambition de ce projet purement immobilier qui ne crée pas un seul emploi. Les élus locaux devraient exiger des emplois locaux. Demandez des emplois d'exploitation pérennes ! », leur conseille-t-il.
G.B. La direction d'Orange Ouest n'a pas souhaité réagir