Le créateur
Ingénieur de formation, Patrick Burlat a rejoint l'école des Mines de Saint-Étienne en 1993 pour enseigner la gestion de production. Depuis juin 2015, il a choisi de se mettre en disponibilité de son emploi pour créer Wipsim. Hébergée par l'incubateur de l'École des Mines, la start-up compte une salariée recrutée en début d'année. Une deuxième embauche devrait être validée prochainement. Wipsim est accompagnée par Réseau Entreprendre Loire (Parrain : Jean-Jacques Laurent).
Le concept
« Je vends à mes clients de la réduction de délais de production », sourit l'enseignant-chercheur converti à l'entrepreunariat. Il ne s'agit pas de réorganiser l'atelier, de compter les pas des opérateurs ou d'accélérer le nombre de leurs actions à la minute..., Wipsim s'occupe uniquement de la gestion des files d'attente. À l'aide d'algorithmes complexes, la start-up met en oeuvre la méthode Conwip (Constant Work in Progress) et dimensionne très précisément les chargements des machines de production, en fonction de multiples paramètres. « Évidemment, nous nous intéressons uniquement aux clients qui ont une production variée ou changeante. Nous travaillons aussi sur les lignes de réparation. L'alimentation d'une machine de production est primordiale. S'il y a trop ou trop peu de pièces en attente dans la file, c'est du temps perdu. Notre logiciel permet donc de modéliser les stocks tampons », explique Patrick Burlat.
Le Business Model
Le logiciel développé par Wipsim est disponible en mode SAAS. Le chiffre d'affaires est généré par de l'abonnement, de la formation à l'utilisation du logiciel et par des services de conseils pour les clients en attente de préconisations supplémentaires. « Nous travaillons déjà avec des manufactures horlogères suisses, avec de gros clients comme Thales... Dans le meilleur des cas, nous avons divisé les temps de fabrication par sept ; dans le pire, nous les avons quand même réduits de 20 % » !
Les objectifs
Sans vouloir trop en dire, le dirigeant évoque une première année à l'équilibre. Pour 2017, il envisage un chiffre d'affaires de 300 000€, 500 000€ sous trois ans. Un chiffre qui pourrait en réalité exploser si les dernières évolutions de Wipsim se concrétisent. « Nous avons travaillé avec le CHU de Toulouse sur le circuit de stérilisation des matériels de blocs opératoires. Le résultat a été très probant. Du coup, le CHU nous a demandé de nous intéresser aux flux patients pour minimiser l'attente au guichet. Malheureusement notre logiciel n'était pas applicable en l'état. Nous avons décidé de nous lancer sur cette nouvelle voie ». Wipsim, qui dispose du statut de JEI (Jeune Entreprise Innovante), finalise ainsi le développement d'un nouveau produit qui répondra aux attentes du CHU de Toulouse. « Ce logiciel va intégrer de multiples paramètres. Au final, il lui faudra 8 heures de calculs pour sortir les prévisions guichets pour six mois, avec les plannings prenant en compte tous les paramètres liés au personnel », précise Patrick Burlat. Cette démarche, soutenue financièrement par le CHU est également accompagnée par Saint-Étienne Métropole et Bpifrance dans le cadre de D2IN (programme d'accompagnement à l'innovation de la Métropole stéphanoise). « Nous ne pensions pas du tout aller dans cette direction mais c'est une excellente idée... Nous pourrons ainsi nous appuyer sur deux pieds. Nous ne serons pas mono-produits, c'est bien plus prudent ». Une étude de marché va être lancée pour identifier les développements potentiels de ce nouveau logiciel dédié aux guichets sur d'autres secteurs (services publics...).