Re-Mec : Coup double pour le constructeur
# Industrie

Re-Mec : Coup double pour le constructeur

Semi-remorques. Le petit poucet azuréen des véhicules industriels reprend à la barre du tribunal de commerce le lorrain Kaiser.

Re-Mec a terminé l'année 2014 sur les chapeaux de roues. La PME de Contes, spécialisée dans l'entretien des poids lourds et la carrosserie de véhicules industriels, a imposé début novembre, à la barre du tribunal de commerce de Briey, en Lorraine, son offre de reprise de Kaiser (116 emplois), constructeur de remorques pour poids lourds basé à Longuyon. Quelques jours plus tard, le 19 novembre, c'est le tribunal de commerce de Romans, dans la Drôme, qui a retenu sa proposition pour relancer à Montélimar l'activité de la société ACTM (94 emplois), spécialisée dans les porte-engins spéciaux. Les dossiers avaient un point commun : les deux sociétés appartenaient au même groupe, Behm International spécialisé dans le véhicule industriel. Comment une PME d'une vingtaine de salariés qui a réalisé un chiffre d'affaires de 6,38 M€ en 2013 a-t-elle réussi à convaincre ? « Notre plan de reprise a été considéré comme le plus solide et nous avons obtenu le soutien d'un pool bancaire composé de la Société Marseillaise de Crédit et du CIC », commente Tiziana Mastroeni, directrice générale de Re-Mec. Si le montage financier a été décisif, c'est surtout l'expertise industrielle de la PME des Alpes-Maritimes qui a fait la différence.




Marques historiques

Créé en 1997 comme simple garage d'entretien et de réparation pour poids lourds, Re-Mec s'est diversifié dans les années 2000 dans la fabrication de semi-remorques, en partenariat avec un sous-traitant italien, Tecnokar. « Nous avons alors décidé de créer notre propre marque et comptions développer notre outil de production en France. Les difficultés rencontrées par Kaiser et ACTM nous ont donné l'occasion de récupérer des marques historiques et des moyens de production ». Malgré le soutien d'un fonds d'investissement, Perceva Capital, Kaiser et ACTM avaient été fragilisés par des opérations de restructuration qui n'avaient pas permis de repartir sur des bases saines. En Lorraine, Re-Mec va maintenir 95 des 116 emplois sur le site et relancer l'activité de construction des remorques en capitalisant sur la marque Kaiser, bien connue dans le secteur professionnel. « Nous n'avons pas de gros investissements industriels à faire, l'outil de production avait déjà été modernisé et les équipes ont un vrai savoir-faire. Il faut surtout relancer l'activité et bâtir une stratégie pour reconquérir le marché français autour de la marque Kaiser qui fera désormais partie de notre gamme » indique-t-elle. À Montélimar, le plan de reprise prévoit le maintien du site et d'une trentaine d'emplois sur 66. Une partie de l'activité, la fabrication, dépendra de la SAS Kaiser, l'autre deviendra un établissement secondaire de Re-Mec pour assurer l'entretien et le service après-vente. « Nous avons conservé les bureaux d'études des deux entreprises et présenté un prévisionnel 2015 prudent qui tient compte d'un marché en crise. Nous tablons sur une production pour Kaiser de 400 semi-remorques en sachant que les capacités de production devraient nous permettre de monter jusqu'à 700, voire 800 unités par an », détaille Tiziana Mastroeni. Un potentiel qui pourra être mis au service de la stratégie de développement à l'export que les nouveaux patrons de Kaiser comptent déployer. « La Lorraine est au coeur de l'Europe, la marque est bien connue, après le marché français nous comptons attaquer les marchés belge et allemand ».

Re-Mec



(Contes) Dirigeante : T. Mastroeni CA 2013 : 6,83 M€ 17 personnes Tél. : 04 93 79 25 74 @email

# Industrie