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PSA La Janais : e-Méhari, « P87 » et après ?
Rennes # Industrie # Investissement

PSA La Janais : e-Méhari, « P87 » et après ?

Automobile Après avoir obtenu la Citroën e-Méhari, avec Bolloré, puis la P87 annoncée pour l'automne, l'usine PSA de Rennes est en compétition intégrer une nouvelle production en 2018. Objectif : retrouver ses 100.000 véhicules par an contre 65.000 actuellement.

L'usine PSA de Rennes - La Janais vient tout juste de démarrer l'assemblage de la e-Méhari de Citroën avec Bolloré. Après avoir obtenu cette production, puis celle de la « P87 » annoncée pour l'automne, le site breton est en compétition pour intégrer une nouvelle production en 2018...




Un futur véhicule pour le marché européen

Un futur véhicule maison qui serait principalement produit en Asie mais que PSA verrait bien aussi à Rennes pour l'Europe. Objectif : retrouver une cadence de 100.000 véhicules par an, contre 65.000 en 2015 et sans doute le même niveau cette année. La production de la e-Méhari qui démarre en ce moment à Rennes est symbolique à plus d'un titre. Pas tant par ses investissements (1,4 M?) ni pour ses volumes annoncés (3.500 exemplaires en 2017), sauf si son partenaire Bolloré décide de garer en libre-service ce cabriolet au bord de toutes les plages de France, comme il l'a fait à Paris avec sa Bluecar en Autolib... Un modèle fabriqué d'ailleurs en Normandie avec Renault. Bolloré divise le risque et a préféré s'allier avec PSA pour sa BlueSummer. Celle-ci aujourd'hui arrêtée ressemblait d'ailleurs étrangement à la e-Méhari... Chacun son métier : PSA sera chargé de l'assemblage et de la commercialisation ; Bolloré de fournir les batteries louées au client final.




Tout un symbole

La e-Mehari bretonne symbolise à elle seule la capacité de toute une industrie automobile française à produire de façon compétitive un véhicule. En l'occurrence, ce modèle de loisirs nécessite même 1 h 20 d'assemblage - contre une minute environ pour les grandes séries - et très peu de robotisation pour ses 900 pièces (autant que pour une Peugeot 508 au passage). Malgré la main-d'oeuvre d'une équipe de 35 personnes, qui sera doublée en février voire même triplée par la suite, Rennes fait la démonstration de sa compétitivité. Sa clé : un panel de fournisseur locaux dont Bolloré au premier plan, avec ses batteries quimpéroises de 300 kilos, mais pas seulement. La fabrication des sièges de la e-Méhari a également été réintégrée. « Rennes a réappris le métier de sellier », sourit le chef d'atelier Pascal Le Méhauté.




Retrouver du volume rentable

La Janais a un nouveau défi pour retrouver en 2017 son niveau de production performant et rentable à 100.000 véhicules par an, tombé à 65.000 l'an dernier. L'usine doit encore résoudre une équation économique pour tenter de gagner une nouvelle production promise en 2018...




95 millions d'euros déjà investis et encore autant à venir ?

Et après avoir investi quelque 95 millions d'euros en 2015 avec ses fournisseurs (Faurecia, Plastic Omnium...) pour les projets en cours, dont P87 et la modernisation de la C5 effectuée l'été dernier, PSA pourrait avoir à réinvestir à Rennes pour ce futur véhicule. « On peut probablement en remettre autant... », selon Frédéric Lagagnier pour qui « le progrès est sans fin ». Il y a un an, c'est lui qui a fait la démonstration mathématique et convaincu la direction du groupe PSA de réintégrer des fournisseurs locaux. « Il y a un an et demi, beaucoup de pièces venaient de l'est de la France... » La partie d'unité avant (soubassement de bloc moteur) a ainsi été réintégrée au ferrage à Rennes. Un doublon de Sochaux mais un investissement aujourd'hui compétitif. De même, dans cette recherche de performance, le partenaire Faurecia de Bains-sur-Oust assemble désormais de A à Z les planches de bord auparavant terminées en partie par PSA. La plateforme rennaise accueille désormais des salariés de Faurecia pour ces dernières tâches. « 2016 est une année très importante et stratégique pour le site de Rennes, avec la P87 qui nous fait changer d'ère avec un modèle de type SUV, cross over », répète Frédéric Laganier, plus que jamais « en mode PME ».




Le seul site pressenti

Cet « avant-projet » de 2018 a été présenté le mois dernier aux salariés rennais et partenaires sociaux. « Dans l'étude qui est faite, c'est bien Rennes qui est proposé, précise le directeur rennais Frédéric Laganier. Cet avant-projet viserait à industrialiser et commercialiser en Europe une voiture qui n'est pas prévue aujourd'hui dans son plan de développement. Elle est prévue dans une autre région du monde. L'entreprise se pose la question de savoir s'il y a un intérêt à le faire en Europe. Nous sommes en capacité à Rennes à intégrer ce modèle. » Rennes se positionne grâce à sa plateforme modulaire de nouvelles technologies EMP2, capable d'assembler tous les styles de voitures, d'une 308 à la future 508 en passant par les crossover, monospace... « Il n'y a que trois sites en Europe à disposer d'une telle plateforme : Vigo en Espagne, Sochaux et Rennes en France. Dans les années à venir, il y aura aussi Mulhouse », explique le directeur rennais confiant. C'est en effet le seul site du groupe en Europe à être challengé.



Géry Bertrande

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