Bruno Le Maire entend laisser chaque entreprise fixer la durée légale de travail
Le programme économique de Bruno Le Maire laisse lui aussi entrevoir une bouffée d’air frais pour les chefs d’entreprise : baisse de la CSG à 6 %, baisse de l’impôt sur les sociétés à 30 %, transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse des charges patronales à hauteur de 25 milliards, instauration d’un taux unique à 25 % sur la fiscalité du capital et suppression des charges patronales jusqu’à 2,5 SMIC pour une embauche en TPE entre le 1er septembre 2017 et le 31 janvier 2018. Le député normand entend laisser chaque entreprise fixer la durée légale de travail, les 35 heures restant la norme en l’absence d’accord d’entreprise. Il souhaite une remise à plat du compte pénibilité et une réforme des forfaits jours pour les ouvrir notamment aux TPE. Concernant l’investissement, il entend permettre aux fonds éligibles à l’assurance-vie d’investir directement dans les plateformes de crowdfunding et libéraliser les prêts interentreprises via les plateformes de crowdfunding.
François Fillon promet "un new deal entrepreneurial pour les PME et ETI"
« Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite », avait dit François Fillon en 2007. Il était alors Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Presqu’une décennie plus tard, son diagnostic est sensiblement le même. Mais il entend aujourd’hui avoir les remèdes économiques pour relever la barre. L’ancien président de la région Pays de la Loire propose une baisse des charges et impôts pesant sur les entreprises à hauteur de 40 milliards d’euros. Objectif : « Redonner des marges de compétitivité prix et d’investissement à toutes les entreprises. »Retraite à 65 ans et le déverrouillage des 35 heures sont aussi au programme. Tout comme la simplification du code du travail. « La complexité de notre code du travail, avec ses 3.400 pages, constitue un frein au développement économique et à l’investissement en France », estime le député de Paris dans son programme. Il entend aussi lancer « un new deal entrepreneurial pour les PME et ETI ». Dedans, il y détaille trois axes : faciliter le financement des PME et ETI, les aider à l’export et créer une culture entrepreneuriale par l’éduction. Avec ces orientations économiques, François Fillon espère « faire de l’entrepreneuriat le principal moteur de la création de richesse et d’emplois».
Jean-François Copé : cinq ordonnances pour l’économie
S’il est élu président de la République, le maire de Meaux promet de lancer 15 ordonnances pour « réarmer la France ». Cinq concernent directement le secteur économique. Pour « libérer l’économie et l’emploi », il prône la simplification des normes et du code du travail avec l’assouplissement des modalités de licenciement, ou encore la généralisation du référendum en entreprise. Jean-François Copé veut également créer un CDV, un contrat à durée variable. Ce serait en fait «un CDD plus ouvert et renouvelable trois fois (contre deux aujourd’hui) et qui regrouperait toutes les formes de contrat existantes, sauf le CDI ». Pour favoriser l’embauche dans les entreprises, il promet un allégement général des charges sociales patronales de 30 milliards d’euros. Enfin à l’inverse des autres candidats, Jean-François Copé prévoit la suppression du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) «dont les entrepreneurs s’accordent à dire que c’est une usine à gaz», précise-t-il.
Nathalie Kosciusko-Morizet veut 67 milliards d’euros pour la capacité d’investissement
Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, « les baisses radicales d’impôts produiront des résultats immédiats». Elle propose donc un « choc de compétitivité inédit » matérialisé par une baisse des prélèvements sur les entreprises de 100 milliards d’euros dès le début du quinquennat. Dans le détail, elle entend débloquer 67 milliards d’euros pour la capacité d’investissement, avec un taux d’impôt sur les sociétés ramené à la moyenne européenne (25 %), le doublement du plafond de chiffre d’affaires éligible au taux réduit d’impôt sur les sociétés pour les PME, et la baisse des cotisations patronales de 50 milliards d’euros sur tous les salaires. Elle souhaite également dégager 26 milliards d’euros pour réduire les impôts sur la production : suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), suppression de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et baisse des taxes foncières des PME. Enfin, elle parie sur un allégement de la fiscalité sur la transmission d’entreprise de 7 milliards d’euros en excluant la cession de l’entreprise de l’assiette des plus-values et en assouplissant le dispositif Dutreil sur la transmission d’entreprise au sein d’une même famille. NKM ne remet pas en question les 35 heures.
Nicolas Sarkozy : « La condition de réorganisation de l’entreprise doit permettre le licenciement économique »
Comme son ancien Premier ministre François Fillon, l’ancien chef de l’Etat veut réaliser 100 milliards d’économie sur 5 ans. Il souhaite également instaurer une « nouvelle fiscalité pour les entreprises ». « Afin de relancer l’emploi, il est nécessaire de baisser durablement les charges pesant sur les entreprises », justifie le candidat. Il propose « de transformer le CICE en baisses de charges durables, notamment avec une diminution du taux de l’IS de 33,33 % à 30 % ». Au niveau de la durée du temps de travail, Nicolas Sarkozy est moins catégorique que certains de ses concurrents. Il promet de sortir des 35 heures en laissant chaque entreprise négocier le temps de travail. Très offensif à l’endroit des syndicats de salariés, l’ancien président veut donner la possibilité au chef d’entreprise d’organiser, une fois par an, « un référendum auprès des salariés, dont le résultat s’imposera à tous ». Concernant les start-up, le candidat entend s’inspirer du modèle anglais en autorisant la défiscalisation de 50 % de l’argent investi dans une start-up par les business angels. Enfin, il prône comme un certain nombre de ses concurrents un assouplissement du droit du travail. « La condition de réorganisation de l’entreprise doit permettre le licenciement économique », affirme-t-il.
Alain Juppé souhaite abaisser le taux d’impôt sur les sociétés
Le favori des sondages Alain Juppé a un leitmotiv sur le plan économique : la simplification. Il souhaite baisser le nombre de normes, supprimer toutes les charges patronales au niveau du SMIC, abaisser le taux d’impôt sur les sociétés (d’abord 24 % pour les PME puis 22 % et 30 % pour les ETI et les grandes entreprises). Il prône une sortie des 35 heures et, en attendant, prévoit une exonération fiscale et sociale pour les heures supplémentaires entre 35 et 39 heures. Sur le plan du droit du travail, il souhaite une réforme de la justice prud’homale ainsi qu’un plafonnement des indemnités de licenciement en cas de contentieux. Il prévoit de mettre en place un CDI " sécurisé " qui fixe, dès la signature, les conditions de la rupture du contrat de travail. S’il est élu, il dit vouloir annuler la réforme du compte pénibilité et transformer, lui aussi, le CICE en baisse de charges. S’intéressant à la nouvelle économie, il souhaite encourager l’orientation d’une partie de l’épargne collectée dans l’assurance-vie vers les entreprises innovantes et augmenter la part des commandes publiques passées auprès de PME/TPE innovantes.
Le premier tour de la primaire de la droite et du centre se déroule ce dimanche dans 10 228 bureaux de votes. Sept candidats se disputent l’investiture. Sur le plan économique la plupart des candidats s’accorde sur un allègement des charges patronales qui pèsent sur les entreprises. Sur les 35 heures, les concurrents sont plus évasifs… On a passé au crible les mesures phares des programmes économiques des candidats.