A chaque scrutin ses habitués et produits phares, mais aussi son lot de nouveautés et surprises. La dernière élection présidentielle a encore été synonyme de business pour certaines entreprises de la région.
Arvato met sous pli En amont du scrutin, le géant de la relation client Arvato a mis sous pli à Noyelles-sous-Lens quelque 40millions de bulletins de vote et 20millions de professions de foi des candidats (coût: 700.000euros). Des documents souvent imprimés sur les rotatives de Léonce-Deprez à Ruitz ou du cambrésien Lenglet Imprimeurs.
Lemahieu revêt le t-shirt «made in France»
Grand thème de la campagne, le «made in France» a occupé le terrain. Au moment des meetings, l'entreprise Lemahieu (110 salariés) à Saint-André-lez-Lille a été sollicitée pour sa réactivité à fournir 5.000t-shirts, puis 10.000supplémentaires, à un parti dont on taiera le nom (la société familiale ne veut pas être étiquetée). La commande était symbolique (à peine 100K€) pour l'entreprise qui réalise 7M€ et fabrique 6.000pièces par jour, mais ô combien importante pour le textile régional ainsi mis en avant. «Nous avions mis le nom Lemahieu sur l'étiquette, indiquent Olivier Diers et son épouse Edith Lemahieu. Nous sommes fiers d'être fabricants fançais depuis 65ans et d'offrir de l'emploi et de la qualité.» Le couple d'entrepreneurs, spécialisés dans le sous-vêtement et la lingerie paramédicale et cosmétique, est d'ailleurs la première entreprise nordiste à obtenir le label «Origine France Garantie».
Doublet sort de l'isoloir Chez Doublet à Avelin, davantage connu pour ses drapeaux et étendards que pour ses isoloirs et compteurs de votes, on a ressorti le matériel électoral. Il représente en moyenne 150K€ de chiffre d'affaires, mais avoisinne les 400K€ pour cette présidentielle.
Le vote écologique en Cycloville
Pour le second tour, c'est le Lillois Antoine Duthoit qui tire son épingle du jeu. Cet entrepreneur de 31ans a proposé un service inédit de transport aux électeurs en vélo-taxi ou «city cruiser» (15 à Lille et 2 à Arras), vers leur bureau de vote. «C'est une première!» Pour se faire connaître davantage, il a fait le buzz grâce à Facebook où les dix premiers inscrits pouvaient bénéficier gratuitement de ce service, dans les dix villes de France où Cycloville rayonne en franchise. Née en 2006, sa société (35salariés, CA: 1,3M€) sera bientôt sur Lyon et Nice. «Notre ambition est de pouvoir développer Paris en propre en 2013», confie Antoine Duthoit qui défend «un mode de transport positif, doux et citoyen, véritable alternative en centre-ville». Les électeurs ont fait un «double acte citoyen» grâce à Cycloville.
Telmédia connecte l'électeur
Et pour savoir où il fallait se rendre pour voter, la société Telmédia (13salariés, CA: 758K€) basée à Templemars a mis en ligne son nouveau portail (monbureaudevote.com), associé à une application qui permet de trouver son bureau de vote avec géolocalisation, horaires, connexion directe avec sa mairie... L'agence web spécialisée dans les collectivités locales
milite pour encourager le vote, notamment auprès des jeunes. «C'est pratique, citoyen, pas cher (Ndlr, 1.500€ pour la collectivité) et ludique. Notre application est valable pour les législatives», anticipe son dirigeant Gérald Kaczmarek, qui a investi plus de 12K€ dans l'opération et vise le million d'euros de chiffre d'affaires en cette année électorale. Le vote électronique sécurisé est prêt mais là, c'est une question de volonté politique...
PopilZ dans la caricature, Lutti et Roquette en campagne
Autres anecdotes: les 700.000fans Facebook du confiseur Lutti peuvent élire le président des bonbons, aux «ZZélections». À Bondues, PopilZ se lance quant à lui dans la caricature avec ses figurines politiques. Roquette Frères a aussi joué la carte électorale en ouvrant un service de procuration interne pour ses salariés. Bien vu!
Géry Bertrande
Les élections donnent du grain à moudre à des entreprises nordistes. Du meeting à l'isoloir, tour d'horizon des produits «made in Nord - Pas-de-Calais» qui font le buzz.