Dans le cadre de ses déjeuners-débats mensuels,le Propeller Club de Rouen que préside Georges Vincent accueillait le 13 octobre dernier Valérie Fourneyron. L'ancienne Maire de Rouen, toujours conseillère municipale et métrolitaine, députée de la Seine-Maritime, était invitée à commenter le Rapport de mission sur l'attractivité des ports maritimes de l'Axe Seine (1) co-écrit avec le sénateur Charles Revet, et remis au Premier ministre en juillet. En terrain de connaissance devant un large auditoire, rouennais jusqu'au bout des ongles, la vice-présidente du Grand Port Maritime de Rouen pour qui « le port reste l'acteur majeur de la Ville » a indéniablement fait passer sa sensibilité locale dans cet opus écrit à deux mains.
« Une gouvernance unique serait une erreur »
On peut ainsi y lire que « bien qu'un nombre important des personnes entendues aient milité pour une fusion pure et simple des trois établissements portuaires, la Mission a conscience que les ports de l'Axe Seine ont des domaines d'activité très différents, des modes de gestion et des cultures d'entreprise adaptés à leur activité ». Et aussi que « vouloir plaquer un mode de gestion et une gouvernance unique sur les trois places portuaires serait probablement une erreur dont les inconvénients, en particulier en matière de qualité du service rendu et de relation avec le tissu local, seraient bien supérieurs aux avantages qui pourraient en être attendu ». Avant de conclure sur ce sujet majeur que « néanmoins, il reste de la place pour un élargissement des outils communs d'une part, une amélioration du pilotage stratégique et politique d'autre part ». Valérie Fourneyron espère que les 33 recommandations formulées par la Mission permettront de « fédérer les acteurs économiques et politiques autour d'une stratégie plus largement conçue à l'échelle de l'Axe Seine ». Plusieurs visent à doter les ports de l'Axe Seine des mêmes atouts que leurs homologues belges et néerlandais. Certains investissements sont prioritaires (Serqueux-Gisors, prolongement du grand gabarit fluvial vers l'hinterland céréalier de l'Est et du Nord...) sachant « que le modèle économique de nos ports n'est plus soutenable ». Haropa est certes présenté comme le principal complexe portuaire français polyvalent avec un trafic maritime et fluvial cumulé de 110 Mt en 2015 (91 Mt pour Rouen + Le Havre). Mais les établissements qui le constituent « ne cessent de perdre des parts de marché par rapport aux ports de la rangée nord, en particulier pour les conteneurs. Anvers (208,4 Mt) et Rotterdam (466,4 Mt) s'avèrent d'une redoutable efficacité sur l'hinterland « naturel » des ports de l ?Axe Seine.
(1) en ligne sur le site du ministère