Qu’est-ce que la Fab’Academy ?
La Fab’Academy est l’outil de formation de l’UIMM, l’Union des industries des métiers de la métallurgie, qui permet à ses adhérents de former dans les métiers de la métallurgie et de l’électronique des jeunes en apprentissage, des personnes en reconversion professionnelle, des demandeurs d’emploi ou des salariés dans le cadre de la formation continue. Nous formons aussi parfois des salariés d’entreprises de l’agroalimentaire, par exemple dans la conduite de ligne. La Fab’Academy emploie 230 salariés permanents ou vacataires. Le chiffre d’affaires est d’environ 28 millions d’euros, réparti entre 14 millions d’euros pour la formation de 1 500 jeunes en apprentissage et autant pour la formation continue des demandeurs d’emploi.
La Fab’Academy a investi ces dernières années pour moderniser vos centres de formation à Nantes, Saint-Nazaire, La Roche-sur-Yon, Angers et au Mans afin de les adapter aux défis de l’industrie. Quelle est leur fréquentation ?
Nationalement, la formation par apprentissage cette année est en baisse de 10 à 15 %. C’est la première année en Pays de la Loire que nous enregistrons aussi un tassement, de l’ordre de moins 5 à moins 10 %. La Fab’Academy de la Roche-sur-Yon connaît tout de même une fréquentation en hausse. Cette diminution des effectifs s’explique par plusieurs raisons : les aides de l’État sont en baisse et le reste à charge est plus important pour les entreprises, ces dernières ont peu de visibilité et ont donc tendance à décaler leurs actions de formation, et nous rencontrons parfois encore des difficultés à trouver des jeunes qui souhaitent s’orienter dans l’industrie. Le risque est qu’à terme nous n’ayons pas assez de personnes formées dans nos entreprises ou que certaines filières de formation s’arrêtent par manque de candidats.
L’industrie reste-t-elle un secteur attractif ?
La formation technique conduit à un emploi dans la très grande majorité des cas. La qualité de nos centres de formation dans la région apporte aussi une autre image de nos métiers et les rend plus attractifs, ce qui se vérifie à chaque fois lors des opérations de portes ouvertes qui sont organisées. Toutes les conditions sont réunies pour offrir des formations de qualité aux jeunes. Nous menons aussi des actions de sensibilisation en direction des jeunes filles avec la campagne nationale "Tu as ta place !" Nous prônons la féminisation de nos métiers et la mentalité évolue en ce sens et les filles sont de plus en plus présentes dans nos centres de formations.
La Fab’Academy compte aussi deux centres de formation à Cholet et Laval. Envisagez-vous leur réhabilitation ?
Rien n’est encore décidé mais nous avons envie de le faire, ce qui nécessitera de trouver les montages financiers. L’objectif serait de réhabiliter ces deux centres déjà existants, en rénovant celui de Laval et en développant celui de Cholet, qui ne compte que quelques salles, pour avoir partout dans la région le même niveau de formation. Il faut en effet raisonner en bassin d’emploi : la proximité est importante pour que les jeunes puissent rester ensuite sur les territoires, mais aussi pour les entreprises dont les salariés suivent des formations continues. À Cholet par exemple, le centre de formation pourrait travailler avec les entreprises des Mauges, mais aussi avec celles du bassin des Herbiers ou du nord des Deux-Sèvres.