Port de Bordeaux : Une énième tentative pour sauver le terminal du Verdon

Port de Bordeaux : Une énième tentative pour sauver le terminal du Verdon

La médiation avec Europorte ayant échoué, le Grand Port Maritime de Bordeaux, par une procédure de "mise en régie", pourrait décider de confier l’exploitation du terminal à la société de manutention SMPA.

Réunie en conseil de surveillance, ce lundi 12 septembre, la gouvernance du Grand Port Maritime de Bordeaux doit trancher sur le sort du Verdon. Face à la résiliation en juin dernier de la convention d’exploitation par Europorte, le GPMB a la possibilité d’opter pour une « mise en régie » de l’exploitation du terminal pour une durée de 18 mois. Concrètement, cela signifierait que le GPMB, qui endosserait le rôle de coordinateur et d’accompagnateur, confierait dès lors l’exploitation du Verdon à un autre opérateur, à savoir la SMPA (Société de Manutention Portuaire d’Aquitaine), filiale à 100 % du fonds Luxembourgeois Port Terminal Assets (Portea). Créé en 2015 pour assurer le pan maritime des trafics conteneurs au Verdon, ce nouvel arrivant manutentionnaire sur la place girondine, qui a investi 10 M€ pour l’achat de portiques et de grues, pourrait, dans cette hypothèse, se subsister à Europorte.


La position sibylline d’Europorte
Cette solution alternative préconisée par le Secrétaire d’Etat chargé des Transports de la mer et de la pêche, Alain Vidalies, permettrait, selon lui, « un démarrage de l’exploitation du terminal dans les prochains mois ». Sollicité en début d’été suite au désistement d’Europorte, le gouvernement avait en effet tenté de jouer la carte de la médiation. Chapeautées par Jean-Yves Le Ven, les négociations entre le Port, Europorte et SMPA se sont enchaînées cet été mais en vain. Europorte au final a maintenu son retrait. Refusant d’entrer dans le « détail » des points qui fâchent, le service communication d’Europorte, contacté tout récemment, campe sur sa position pour le moins sibylline : « Les conditions de la mise en œuvre de la convention du port ne sont pas conformes à l’appel d’offres de juin 2013 auquel nous avons répondu. La raison principale est qu’il est impossible d’obtenir le transfert de l’activité de Bassens au Verdon du fait d’opposition locale ».


SMPA prêt à endosser le rôle d’exploitant
Pressé de rendre opérationnel le terminal du Verdon, l’opérateur SMPA, lui, se dit à prêt à endosser la casquette d’exploitant du projet, et à trouver, si le GMPB le demande, un nouveau tractionnaire ferroviaire pour les navettes entre le Verdon et Bruges, tout en regrettant que la solution de « mise en régie » n’ait pas été examinée plus tôt. Pour Pascal Reyne, le P-dg de SMPA, « la médiation a cependant eu la vertu de montrer que les allégations d’Europorte étaient fausses. Tout l’argumentaire sur la non-viabilité du projet par trop de facilités accordées aux dockers, la non-disponibilité de la main d’œuvre ou de l’outil opérationnel a été démonté, ce qui prouve qu’Europorte, indépendamment de SMPA avait décidé de se retirer du projet ».

Le volet judiciaire en marche
En parallèle, la question de la réparation des préjudices d’ores et déjà prend forme. Depuis mai, SMPA a lancé une procédure et assigné Europorte devant le tribunal de commerce. Europorte de son côté, estimant que la « mise en régie n’est pas une solution et qui demande que les conditions d’appel d’offres soient respectées », se dit prêt à « contester la mise en régie devant la juridiction administrative ». En outre, SMPA a intenté une seconde procédure contre Sea Invest, l’historique manutentionnaire de la place portuaire qui intervient sur la quasi-totalité des flux et notamment sur l’actuel trafic des conteneurs à Bassens. « Nous contestons leur action d’abus de position dominante qui, par une campagne diffamatoire sur la non-viabilité de mon projet, a poussé Europorte dehors » explique Pascal Reyne, qui estime faire les frais depuis le début du projet de « la difficulté pour un nouveau manutentionnaire de s’implanter face à un monopole ».

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